Dreamspace [1994]
Stratovarius se fait connaître au niveau international grâce à ce troisième album qui est la première ébauche du son que le groupe va développer par la suite. Les influences du groupe ancré dans le heavy metal résolument mélodique se situent quelque part entre l'univers d'Helloween, d'Yngwie Malmsteen et de Queensrÿche pour le côté aventureux de certaines compositions. À ce stade, Stratovarius cherche un peu son style et n'hésite pas à se perdre en chemin ou expérimenter, tous les morceaux ne sont pas de franches réussites et l'album aurait gagné à être allégé de compositions un peu lourdingue comme Magic Carpet Ride ou Wings Of Tomorrow, ce d'autant plus que l'album avec ces 14 pistes est long. Ce disque par contre se démarque déjà par ses titres speedés simples mais accrocheurs comme We Are The Future, Hold On To Your Dream ou Chasing Shadows. À cette époque le chant est toujours assuré par Timo Tolkki, son guitariste, et il faut avouer qu'il se débrouille très bien en allant chercher des notes pas évidentes sur bon nombre de morceaux, je pense qu'il a toujours été sous-estimé sur ce plan-là. J'aime me repasser ce disque car il présente un visage du groupe avec une texture différente et rafraîchissante, certains titres sont même des petites pépites atypiques pour le groupe notamment 4th Reich ou Abyss que j'ai toujours adoré. Je recommande chaudement l'album à ceux qui ont apprécié ses successeurs.
4th Dimension [1995]
Premier album avec Timo Kotipelto au chant, 4th Dimension est une pièce essentielle dans l'histoire du speed-metal mélodique qui va déferler sur l'Europe en cette fin de millénaire. Ce disque est particulièrement intéressant car le groupe encore 100% finlandais n'hésite pas à expérimenter dans les sons de clavier et les tempos de morceaux. Il commence à trouver son style en composants certains de ses titres les plus marquants devenus des classiques par la suite comme Against The Wind, Distant Skies ou Twilight Symphony, même ses morceaux moins connus comme Galaxies, Lord Of The Wasteland, We Hold The Key ou Winter sont jouissives et valent le détour. Premier grand disque du groupe, il mérite sa place dans toutes les discothèques d'amateurs de metal mélodique même ceux qui sont allergiques aux speed metal, certaines compositions pouvant les surprendre. Un petit bijou.
Episode [1996]
Comme pour pas mal d'amateurs de metal plus traditionnel de l'époque, j'ai découvert Stratovarius à l'époque de la sortie de ce disque. Il faut dire qu''en même temps le metal alternatif et le neo-metal commençaient à exploser et la vague européenne des groupes allemands (Blind Guardian, Gamma Ray) était à peu de chose près la seule chose qui me faisait encore vibrer. Ce disque a été une véritable bouffée d'oxygène et a fait parti des déclencheurs de ma passion pour le heavy metal traditionnel. Avec l'arrivée de Jörg Michael (ex-Running Wild, batterie) et Jens Johansson (ex-Yngwie Malmsteen), le groupe a pris une autre dimension et leur professionnalisme et a complètement dynamisé la musique du groupe qui est devenue plus concise et efficace, alliant le speed metal bourrin, une virtuosité néoclassique et une touche progressive qui fait tout le sel du groupe. À mon avis, Episode est le meilleur album de Stratovarius tant la perfection est au rendez-vous, les titres sont d'une qualité que le groupe n'avait encore jamais atteinte de bout en bout et cet album reste, à jamais, l'album chéri de nombreux amateurs du groupe. Un classique.
Visions [1997]
Visions confirme Stratovarius comme nouveau leader de la scène de speed metal mélodique. Ce disque est un must dans le genre, son équilibre parfait entre speed metal mélodique digne des meilleures heures d'Helloween et les influences néoclassiques qu'Yngwie Malmsteen aurait pu engendrer font merveille et les petites touches progressives et inspirées ajoutent l'étincelle de magie d'un groupe au somme de sa créativité. Intouchable, le groupe l'est assurément pour ce qui est de pondre des hymnes et ce disque en regorge: The Kiss Of Judas, Black Diamond, Paradise, Before The Winter ou Legions, même les morceaux moins connus surpassent ce que le groupe à pu enregistrer depuis. Visions est un album parfait qui reste une des références absolues dans le genre du power metal mélodique et je dois avouer que je reste 2 décennies après toujours aussi ébahi par les lignes mélodiques que le groupe arrivait à composer. Un must dans le genre!
Visions Of Europe [1998]
Je me souviendrais à vie du choc de ce disque à sa sortie! Le premier était sans doute de découvrir cette pochette absolument ignoble, entre la photo trouble mal cadrée, le choix des couleurs ignobles et les textes photoshopée par un débutant, on pouvait difficilement faire pire. Le deuxième choc fut son contenu, Visions Of Europe est un double album live enregistré en Grèce et en Italie et dans son genre c'est une bombe absolue. Le public est chaud bouillant, le son puissant et parfait, le choix des morceaux un best of de Stratovarius à lui tout seul. Franchement les bons lives de power metal sont rares et mise à part Iced Earth et son Alive In Athens sorti à la même époque je ne vois pas de live qui m'aura autant fait vibrer. D'autant plus que pour avoir vu le groupe sur cette tournée et les suivantes, celle-ci reste à mon avis la meilleure, le groupe était alors une machine de guerre au sommet de sa forme et de sa bonne humeur, son envie de tout faire exploser a été immortalisée sur cette galette. Un de mes live favori!
Destiny [1998]
À sa sortie, j'ai beaucoup aimé ce disque que j'ai longtemps considéré comme un des tous meilleurs albums du groupe, son atmosphère plus sombre et mélancolique m'a toujours parlé. Après des années de recul et connaissant désormais l'histoire du groupe et les troubles maniaco-dépressifs de son leader Timo Tolki il est évident qu'on peut y déceler les premiers signes de fatigue, impression renforcée par la présence de plusieurs ballades, il faut dire qu'à raison d'un album par année, le rythme des sorties d'albums de Stratovarius a été impressionnant. Pourtant même si ce disque ne respire pas la joie, il contient son lot de petites pépites, le morceau Destiny et ses nappes de claviers et de choeurs féminin est un de meilleurs morceau écrit par le groupe et ses 10 minutes épiques valent l'achat du disque à lui tout seul. Les fans des albums précédents ne seront pas dépaysés par les Rebel, S.O.S, No Turning Back, Anthem Of the World qui sont des superbes morceaux de speed mélodique dans le style qui fait le succès du groupe. Peut-être moins fun et foncièrement axé guitare que les albums précédents, Destiny reste un disque majeur du groupe que je ne peux que recommander.
Infinite [2000]
Stratovarius a depuis quelques albums trouvé la formule du succès et ne cherche pas à dérouter sa fan base qui devient toujours plus nombreuse à chaque sortie. Si le groupe fait toujours dans la surenchère mélodique, une fois la touche play enfoncée difficile de résister aux mélodies toujours aussi accrocheuses. S'il fallait comparer ce disque au reste de la discographie on dira qu’il est le plus positif du groupe, par rapport au spleen mélancolique que dégageait Destiny, Infinite est dans la lumière au point d'atteindre un côté niais que ça soit la pochette, mais également certaines compositions qui sont un brin trop sucrées au niveau des mélodies qui flirtent avec le niais (Mother Gaia ou Phoenix). Malgré ce bémol, le style de Stratovarius a atteint une certain forme de perfection qu’ils maîtrisent depuis quelques albums et ce disque sera le pic de popularité du groupe qui s'est donné les moyens de ses ambitions en se payant le luxe de jouer avec un vrai orchestre symphonique certains de ses arrangements et il faut avouer qu'en matière de production, on atteint ici des sommets avec un son clair et puissant. Infinity peut aujourd'hui être considéré comme le dernier grand disque de Stratovarius mais, à l'époque, on ne le savait pas encore...
Elements Pt. I [2003]
Après 4 albums majeurs dans le speed métal mélodique, Stratovarius devait se réinventer pour ne pas lasser, son style musical commençant à devenir un brin prévisible. Avec ce premier volet d'un album qui aurait dû être à l'origine être un double album, le groupe va pousser sa musique vers le metal symphonique. Si l'orchestre amène une certaine puissance sonore aux compositions, celles-ci m'ont toujours résisté entre les morceaux de heavy traditionnel en dessous de ce que le groupe a proposé par le passé et les morceaux éthérés et expérimentaux, le groupe rentre dans le rang et pour la première fois j'ai le sentiment de déception à l'écoute d'un album du groupe et ce disque ne va pas tourner énormément chez moi à l'époque de sa sortie. Des années après sa sortie, je pense qu'Elements Pt.1 est un bon disque même s'il me laisse toujours l'impression d'être trop inégal et qu'il aurait gagné en impact en rassemblant les meilleurs morceaux des deux volets sur une seule galette, des morceaux aériens et un brin expérimentaux comme Fantasia ou Papillon n'amènent pas grand-chose à la discographie du groupe, alors qu'un titre comme Elements et ses 12 minutes se perd dans ses longueurs.
            
Elements Pt. II [2003]
Si la première partie de cette duologie voyait Stratovarius tenté quelques expérimentations symphoniques voires atmosphèriques, ce deuxième volet montre le visage plus traditionnel du groupe. Au menu, quelques morceaux de power metal speedés et mélodiques agrémentés de ballades plutôt convenues, le résultat est souvent bon, jamais désagréable même lorsque le groupe se lance dans des compositions plus lentes et heavy comme Awaken The Giant ou progressive (Dreamweaver). Un peu comme son prédécesseur, l'album souffre de la présence de morceaux dispensables (Luminous ou Liberty) qui font un peu office de remplissage. Avec le temps, j'aime ressortir ce disque qui même s'il n'atteint pas des sommets me plaît globalement davantage que le premier volet. Il montre néanmoins les limites créatives d'un groupe coincé entre l'envie d'explorer de nouveaux horizons et le compromis nécessaires pour répondre aux attentes dues aux succès des albums précédents. Résultat: satisfaisant, mais peut mieux faire.
Stratovarius [2005]
L'existence de cet album est un petit miracle en soi. En 2004, le groupe se sépare en grande partie à cause des problèmes psychiques de son leader (Timo Tolkki) qui a viré son chanteur et son batteur avec l'intention d'inclure sa fille dans le line-up. La raison aidant, le groupe se reforme et propose ce disque sensé représenté un nouveau départ grâce à un contrat juteux avec Sanctuary Records qu'il se doit d'honorer. Un disque éponyme est aussi synonyme de nouveau départ et le style du groupe est complètement renouvelé avec des morceaux plus simples et directs, quasi dénués des éléments néoclassiques ou symphoniques qui dérouteront les fidèles. Même si je ne considère pas Stratovarius comme un grand disque, je trouve que cet album contient de bons morceaux avec une dose de mélodie qui permette à l'auditeur de pas être complètement décontenancé par cette évolution qui devenait probablement nécessaire, le groupe ayant  tout dit dans la sphère du speed metal mélodique qui de toute manière commence à laisser en ce milieu des années 2000. Si l'on regarde le verre à moitié vide, il est évident qu'on ne retrouve pas de morceaux qui permettent de rivaliser avec les classiques du groupe et l'album manque certainement de hargne et l'énergie pour faire vibrer les amateurs de speederies qui a fait le succès passé du groupe. Les retours mitigés de son public et la tournée catastrophique mettront un terme définitif à ce line-up avec le départ de Timo Tolkki. Il reste de ce naufrage, un ultime album qui mériterait - malgré ses imperfections - d'être réhabilité dans l'inconscient collectif.
Polaris [2009]
Après toutes les péripéties de l'année 2008 qui ont fini par le départ de Timo Tolkki leader et dernier membre fondateur du groupe qui composait la quasi-totalité des morceaux du groupe, j'étais très curieux de voir comment Stratovarius allait sortir de cette impasse. Pour le coup et contrairement à ce que j'ai pu lire à l'époque, je ne trouve pas que Polaris soit un retour aux sources pour le groupe, je le situe dans la continuité des 3 albums précédents (en moins bien). Certes, les claviers néo-classique sont plus présents et quelques titres retrouvent un peu de vitesses, mais globalement on reste dans un heavy metal mélodique très classique de deuxième division sans la grandiloquence et l'inventivité qu'avait pu avoir encore le groupe encore récemment. Pour tout dire, je trouve que c'est probablement l'album le moins intéressant du groupe, les compositions sont très téléphonées, peu énergique et même si quelques bons titres comme Falling Star viennent miraculeusement sauver l'album de l'ennui, ce disque est une déception qui n'arrive pas à rallumer la flamme de la passion que j'ai eu pour ce groupe. Un disque sans grand intérêt.
Elysium [2011]
Même si Polaris n'était pas complètement raté, il montrait les limites du line-up actuel pour proposer des morceaux énergiques et accrocheurs. Il faut bien constater qu'en matière de composition le remplaçant de Timo Tolkki, un certain Mathias Kupiainen, n'a pas le même talent pour pondre des riffs fluides et mémorables. Elysium est dans la même que son prédécesseur proposant un heavy metal mélodique classique saupoudré de touches progressives typique du groupe. Ce coup-ci le groupe va jusqu'à proposer un titre de plus de 18 minutes qui bien qu'agréable et bien foutu, laisse l'album finir sur un sentiment partagé entre l'envie de reconnaître que certains morceaux sont bons et une certaine lassitude d'écouter un disque qui n'amène que trop peu de sensations fortes. Elysium ne va clairement pas rester dans l'histoire et je ne le conseille qu'aux acharnés du genre qui auront un album trop sage et classique qui ne permet pas de redonner du lustre à un genre musical qui commence à tourner en rond.
Nemesis [2013]
Si les deux albums précédents n'étaient pas mauvais en soi, ils ne possédaient pas la petite étincelle de génie qui donne envie de s'y replonger malgré quelques bonnes compositions. Sans parler de génie, Nemesis est certainement le plus intéressant des 3 albums sortis depuis le départ de Timo Tolkki, le retour d'une certaine force créative et les compositions inspirées et variées débouchent sur un album cohérent et plaisant à l'écoute. Ce qui frappera l'auditeur attentif sont les nappes de claviers plus modernes et moins néoclassiques qui amènent une touche rafraîchissante et moderne à la musique. Après soyons honnête, l'album reste un album de Stratovarius traditionnel qui ne fera pas forcément d'ombre aux petits bijoux enregistrés au siècle précédent mais les amateurs de power metal mélodique pourront trouver une belle dose de satisfaction à l'écoute de ce disque qui redonne un souffle bienvenu à la discographie du groupe.
Eternal [2015]
J'ai ressenti une petite déception à l'écoute de ce 15ème album de Stratovarius car l'attente était (relativement) grande après un Nemesis qui avait remis le groupe sur de bons rails et montrait le groupe évoluer vers des sonorités plus modernes couplées à une inspiration au rendez-vous. Eternal reste dans la lignée et le bon état d'esprit n'a pas disparu mais l'album est quand même un cran en deçà des attentes en raison de composition nettement plus classique et convenue. Stratovarius est un bon élève du power metal mélodique et la copie est presque trop propre à mon goût notamment la seconde moitié d'album qui n'amène pas grand-chose à la riche discographie du groupe. Le groupe respecte son cahier des charges et les amateurs auront une bonne dose de mélodie techniquement bien amenée mais il manque définitivement la prise de risque et l'inspiration pour en faire un grand disque qui donne envie d'être réécouté dans le temps. Pour ma part je ne vois pas tant de bonne raison d'y revenir aussi régulièrement que son prédécesseur.