Saxon [1979]

Groupe phare de la NWOBHM (New Wave Of British Heavy Metal), Saxon n’est pas encore la machine de guerre qu’il deviendra avec les 3 albums qui suivront mais ce premier album est franchement bon, voire très bon. Je me surprends même à l’écouter davantage qu’un Wheels Of Steel ou un Denim & Leather, il ne contient pas vraiment de titres très connus mais regorge de chouettes morceaux rock’n’roll qui n'ont certes pas encore une personnalité très marquée mais dont qui représente l'esprit Saxon avec ses influences Rock 70's et son approche mordante et rapide sur certains morceaux. Le meilleur titre et aussi le plus connu est sans doute l'enchaînement Rainbow Theme/Frozen Rainbow, un titre épique mid-tempo dans la veine du Hard 70's de l'époque (Rainbow/U.F.O.) qui reste magique plusieurs décennies après son enregistrement.  Sans être un classique, ce premier album est un must pour les fans du groupe qui fait le lien entre les influences du groupe et le style du groupe qu'il développera avec succès par la suite.

Wheels Of Steel [1980]

Tout auréolée de la première partie de la tournée Bomber de Motörhead qui aura définitivement montré la voie au groupe l'inspirant tant d'un point de vue visuel que musical. Si les influences rock'n'roll du groupe sont toujours aussi présentes, sa musique est devenue plus incisive et couillue. Le chant de Biff Byford plus en puissance amène incontestablement une dose d'énergie supplémentaire. Oscillant entre boogie rock lourd et heavy speedé, la formule magique de Saxon n'est pas des plus originales, mais une des plus efficaces dans son genre et a permis au groupe de s’imposer dans le monde entier comme un des groupes phares de la NWOBHM. Ce disque regorge de classiques: Motorcycle Man, 747 (Strangers In The Night), Wheels Of Steel ou encore Suzy Hold On mais même ses morceaux les plus obscurs sont des pépites de Heavy Rock. Ainsi, Stand Up And Be Counted ou encore Street Fighting Man aurait franchement dû être joué plus souvent sur scène. Personnellement, même si j'adore ce disque je le trouve un peu trop uniforme dans sa proposition par rapport à ses deux successeurs qui amènent un peu plus de subtilité aux compositions, il reste un des disques essentiels du groupe.

Strong Arm Of The Law [1980]

10 mois après le référentiel Wheels of Steel, Saxon sort dans la foulée ce sublime album qui repose sur les mêmes bases mais amène une touche plus metallique à sa musique avec un souffle plus mélodique et des influences plus proches d'un Judas Priest que typiquement rock'n'roll dans les riffs. Au menu que des classiques : Heavy Metal Thunder, To Hell And Back Again, Strong Arm Of The Law,  Dallas 1 PM et autres 20'000 Feet. Ce disque fait partie des grands albums du groupe, c’est certainement le plus accrocheur et le plus agréable à écouter si on aime le heavy metal britannique du début des années 80 ! Le Rock’N’Roll dopé au Heavy Metal y fait des ravages et si vous passez devant ce disque vous pouvez le prendre les yeux fermés, c’est du grand Saxon qui tape juste !

Denim And Leather [1981]

Avec Denim And Leather, Saxon enfonce le clou et s'assure le statut de légende de la NWOBHM. Le son du groupe reste dans la lignée de Strong Arm Of The Law même si le groupe ralentit globalement le tempo et envoie des morceaux plus heavy à l'image de son morceau éponyme cultissime ou d'un titre comme Play It Loud. Les classiques sont au rendez-vous avec des hymnes comme Princess of The Night, Never Surrender ou And The Bands Played On qui reste le plus gros succès en single et un des morceaux les plus accrocheurs et mélodiques de la discographie du groupe. Saxon est alors au sommet et ce disque ne fait que conforter son succès grandissant à l'instar des groupes britanniques comme Iron Maiden ou même Def Leppard qui commencent à se faire un nom sur la scène internationale. Personnellement, je pense que cet album est indispensable même s'il contient peut-être un ou deux morceaux un poil moins marquants que son prédécesseur. Avec Strong Arm Of The Law et Wheels Of Steel, Denim & Leather complète une triplette d'albums légendaires qui aujourd'hui restent les références absolues du groupe et les ingrédients indispensables d'une set-list parfaite du groupe.

The Eagle Has Landed [1982]

Avant d’être un groupe de studio, Saxon a surtout la réputation d’être une machine de guerre sur scène, rien de plus logique que de sortir un live après une première série de 4 albums tous plus bons que les autres et franchement ils ne pouvaient pas se planter parce qu’il n’y a ici que des grands classiques ou presque, sur les 10 titres présents sur ce disque 8 sont susceptibles d’être joué sur chaque tournée et le pire c'est qu'il manque des hymnes comme Denim And Leather ou And The Bands Played On qui font que je ne peux pas considérer ce live comme ultime. Le principal défaut de ce disque est pour moi le son qui manque de puissance et le public qu’on entend peu…l’interprétation est tellement propre et sans grande interaction qu’on a l’impression d’entendre un best of des morceaux studios plutôt qu’un live. Concernant la puissance, j’ai ce CD sur un pressage 80’s non remastérisé, je laisserais donc le bénéfice du doute, toujours est-il que je pense que si ce live est excellent pour son interprétation et ses excellents morceaux, il n’a pas un grand intérêt quand on possède les versions studios. Il fait avant tout office de témoignage de la machine à hits acérés et percutants qu'était le groupe à cette époque et c'est déjà pas mal.

Power & The Glory [1983]

Au sommet de son succès aux Royaume-Uni, Saxon tente de percer le marché américain et part enregistrer là-bas son 5ème album... l'essai ne sera pas récompensé. Si l'album aura un joli succès à l'international (on parle quand même d'environ 1.5 millions d'albums vendus), il se vendra moins bien dans son pays d'origine et marque définitivement le début d'années difficile pour le groupe qui n'arrivera pas à maintenir son rôle de fer de lance d'une scène heavy metal qu'il a contribué à faire exploser. Le problème c'est que la machine à hits s'est enrayée et qu'on ne retrouve pas de morceaux percutants sur cet album, le meilleur est sans doute The Eagle Has Landed avec son atmosphère épique à souhait, mais en partie pompé sur Victim Of Changes de Judas Priest et qui tranche complètement avec le heavy de bikers du groupe. Même si les tubes sont absents, on est qualitativement parlant pas si loin des morceaux de Denim And Leather mais la production un peu étrange et américanisée avec sa réverbe un peu trop présente, empêchent d'excellents morceaux comme Redline ou Warrior d'avoir le mordant nécessaire. En résumé et même si ce disque a ses défauts et qu'il n'a pas l'intensité de ses prédécesseurs, il reste suffisamment bon pour tenir la comparaison avec ses morceaux variés et accrocheurs. À titre personnel, je m'y replonge avec plaisir régulièrement d'autant qu'il contient de bons morceaux qu'on a pas l'occasion d'entendre souvent en concert.

Crusader [1984]

Après un Power&The Glory moins dévastateur, Saxon revient avec ce Crusader qui a un peu la même construction: un excellent titre éponyme qui ouvre l'album, épique avec un refrain accrocheur qui deviendra un classique en live… puis des titres plus anecdotiques, loin des standards qui ont fait le succès du groupe. Le style a changé et le groupe tente de s'imposer aux USA avec un registre plus Big Rock que Heavy Metal comme sur Sailing To America, Bad Boys (Like To Rock’N’Roll) ou Just Let Me Rock dont on peut sentir qu’ils ont été composé pour être des hits potentiels sans toutefois réussir leur mission. Globalement ce disque se laisse écouter mais est définitivement trop américanisé pour être sincère et manque clairement de patate pour rivaliser avec ce qu'a enregistré le groupe 3 ou 4 ans plus tôt. C'est le premier album de Saxon où je peux dire que je m'ennuie à son écoute et si la pochette très réussie me donne toujours envie d'y revenir, le contenu de l'album est définitivement trop faiblard pour retenir mon attention. Ce disque marque le début d'une longue traversée du désert pour le groupe.

Innocence Is No Excuse [1985]
Saxon va pousser encore plus loin le virage commercial entrepris avec Crusader, le son de ce disque clairement calibré radio FM tranche complètement avec le heavy metal énergique et le feeling "Motörhead" que déployait le groupe 3 ans plus tôt. Pourtant contrairement au dernier album en date, j'ai toujours considéré qu'Innocence Is No Excuse était un grand disque de Saxon. La qualité d'écriture est indéniable, l'inspiration au rendez-vous, même les faces B des singles de l'époque. qu'on retrouve avec plaisir sur les rééditions de l'album, sont des pépites. Krakatoa ou Live Fast Die Young montre que Saxon sait composer des morceaux énergiques et mordants qui n'auraient pas dépareillé sur les premiers albums du groupe. Pour peu qu'on adhère au concept du Hard FM, je conseille ce disque car il contient d'excellents morceaux et même des chefs-d'oeuvre absolus comme Broken Heroes et autres Call Of The Wild qui font de ce disque un must pour les amateurs de Hard Rock. Un de mes disque préféré du groupe.
Rock The Nations [1986]
Le départ de Steve Dawson (basse) qui composait la majorité des morceaux du groupe va être une perte énorme pour le groupe qui va perdre énormément de son feeling groovy et rock'n'roll. Sur Rock The Nations le manque est d'ailleurs cruel, puisque la basse est inexistante, la batterie très en avant à un son digne des tambours du bronx, bref en terme de production c'est le jour et la nuit avec Innocence Is No Excuse qui en avait une nettement plus rutilante. De cet album, je ne retiens pas grand-chose, le groupe essaie de renouer avec des morceaux plus organique et avec la recette de Crusader qui avait permis au groupe de s'ouvrir sur le marché US mais à mon avis son grand succès car aucun morceau ne reste vraiment en tête. Rock The Nations reste pour moi un des albums les moins marquants de la discographie du groupe qui avait pourtant toujours réussi à sauver ses disques avec une hymne qui ici est bien difficile à dénicher. Un disque poussif et peu convaincant. Sans doute le plus mauvais album du groupe.

Destiny [1988]
De ce disque je n'ai envie de retenir que Ride Like The Wind, un très beau morceau mélodique et accrocheur qui fait partie des excellents morceaux du groupe et qui justifierait presque l'achat du disque (à deux euros dans une solderie, soyons honnête). Le reste n'est pas au niveau de la réputation du groupe qui commence sérieusement à prendre du plomb dans les ailes. L'orientation Hard FM/AOR du groupe est ici à son sommet, les morceaux insipides ou mou du genou sont légions et il n'y a pas grand-chose à vraiment retenir même les titres plus classiques comme Red Alert sont loin d'atteindre les standards passés du groupe. Personnellement, j'ai toujours eu un faible pour les albums atypiques des groupes de Heavy Metal et il n'est jamais désagréable de sortir ce genre de disque à la production léchée et représentative de cette fin des 80's, mais je ne m'aventurerais pas à le recommander au néophyte avide de bons sons, ce disque manque quand même cruellement d'inspiration et d'énergie comparé à d'autres albums du genre.

Solid Ball Of Rock [1991]
Avec Solid Ball Of Rock va voir Saxon revenir à un Hard Rock plus classique et moins orientés FM, même si les titres mid-tempos et le côté mélodique des derniers albums sont toujours de la partie. Les guitares se font à nouveau mordantes, les compositions plus énergiques, il ne s'agit pas d'un retour au son de la NWOBHM des débuts mais à un son plus traditionnel et appréciable pour les fans de Hard Rock pur et dur. Contrairement à ses prédécesseurs, le son n'a pas vieilli et ce disque, plus organique et vivant, reste un bon album de Saxon qu'on ne peut qu'avoir plaisir à ressortir de temps à autre. Le point culminant de ce disque est sans hésitation, le morceau Solid Ball Of Rock qui ouvre l'album de façon magistrale et qui reste à mes oreilles une des meilleures compositions du groupe, le reste des compositions sont moins marquantes mais reste dans l'appréciables, des brûlots comme Baptism Of Fire ou Crash Drive sont des morceaux puissants à redécouvrir pour qui aime le bon Hard Rock. Sans être une tuerie, Solid Ball Of Rock est clairement le meilleur album du groupe depuis Power And The Glory (1983) et démontre que Saxon n'est pas tout à fait mort et qu'il peut encore faire vibrer l

Forever Free [1992]
La différence entre un bon et un mauvais disque de Hard Rock est subtile. Dans l'absolu, Forever Free n'est pas si éloigné de Solid Ball Of Rock, il propose des morceaux de Hard Rock classique assez appréciable, mais c'est surtout sa production brouillonne et sans relief qui ruine ce disque qui apparaît vraiment fade dans l'ensemble. Les titres se succèdent sans vraiment faire vibrer l'auditeur, il manque clairement d'énergie et de mordants notamment dans les guitares pour faire un grand disque. Avec Rock The Nations (1986), il s'agit pour moi du disque le moins marquant de la discographie du groupe qui n'a clairement pas réussi à confirmer les espoirs qu'avait suscité la qualité de l'album précédent. Il laisse à penser que Saxon est un groupe vieillissant qui n'a plus grand-chose à proposer d'excitant à ses derniers fidèles qui de toute façon réclament les classiques du groupe.

Dogs Of War [1995]

Je garde un attachement sentimental à ce disque car il s'agit de mon premier contact avec le groupe en trouvant ce disque soldé dans le supermarché de ma ville, le prix et sa pochette bien étrange et mystérieuse m'avaient donné envie de découvrir ce groupe de metal de vieux. Oui car, en 1995, Saxon était un groupe de vieux croulants alors que tout le monde ne jurait que par Pantera, Faith No More et la scène metal extrême qui explosait à travers le monde. Je n'avais pas été impressionné par la musique qui me semblait sympathique mais qui manquait un peu de puissance par rapport à ce que j'en espérais, ma passion pour Saxon ne s'est réellement révélée qu'en 1999 en les voyant en concert et en découvrant une grande partie de leur discographie par la suite.

Ce disque est historique, il s'agit du dernier à inclure la paire de guitaristes originelles du groupe: Graham Oliver et le fidèle Paul Quinn, ainsi que Nigel Glockler à la batterie, ce qui donne au disque une texture très rock’n’roll, voire Southern Rock que le groupe perdra par la suite. Musicalement Dogs Of War est finalement dans la lignée de Forever Free avec un son hard rock classique et traditionnel, les erreurs de productions sont gommées et le son plus dynamique donnent plus de mordants aux compositions. Il manque malgré tout un peu d'énergie à ce disque qui m'a toujours semblé un brin poussif malgré quelques jolis morceaux inspirés comme Dogs Of War, The Great White Buffalo ou Burning Wheels qui compensent quelques morceaux plus faiblards faisant du tout un disque plaisant mais sans grand éclat.

The Eagle Has Landed Part II [1996]

Graham Oliver prié de quitter le groupe peu après l'enregistrement de Dogs Of War, c'est Doug Scaratt qui le remplace à la guitare et ce changement va complètement métamorphoser le groupe qui va revenir à un heavy metal plus lourd et incisif, ce live est le premier témoignage que le groupe en veut! Loin d'être nostalgique, le groupe passe en revue les principaux morceaux de ses derniers albums et déboulle avec une énergie communicative qui éclipse complètement leurs versions studios, des titres comme Forever Free ou Can't Stop Rockin' prennent une autre dimension sur scène et réhabiliterait presque l'album en question. La set-list laisse peu de place au 4 premiers albums, seul Princess Of The Night, Denim And Leather et Wheels Of Steel sont présents, ce qui fait très peu de redite par rapport au premier live du groupe. Prestation impeccable, énergie, intensité, public présent, set-list béton avec des morceaux moins évidents mais bien efficaces, pour moi ce live est essentiel pour tout fan de Saxon et reste un de mes préférés du groupe à ce jour.

Unleashed The Beast [1997]

Avec Unleash The Best, Saxon va retrouver un second souffle en durcissant le temps et en renouant avec le Heavy Metal pur et dur, ça tombe bien car la vague true metal est en train de reprendre de la vigueur et les bougres n'ont pas raté l'occasion de se profiler comme les parrains d'une scène dont il a été un des plus fidèles représentants sur scène, malgré quelques expérimentations studios plus commerciales. Loin de vouloir coller au son de la NWOBHM, Saxon réussit à faire sonner son heavy classique d'une façon moderne et actuelle qui colle parfaitement à sa musique avec ses riffs acérés, le chant menaçant de Biff Byfford et l'ambiance des morceaux n'ont jamais été aussi sombres à l'image de sa pochette bien mystérieuse. Unleash The Beast est un succès artistique total, les compositions sont excellentes, variées, dynamiques et bénéficient d'un son moderne qui vont redonner au groupe une nouvelle aura qui permettra de rajeunir son public. À titre personnel et du haut de mes 20 ans, j'ai pu voir le groupe défendre ce disque sur scène et j'en garde un souvenir impérissable tant l'énergie et la puissance que dégageait le groupe était extraordinaire. L'album du retour aux affaires !

Metalhead [1999]
Metalhead, le bien nommé, enfonce le clou. Saxon est un pur groupe de metal et a décidé de nous faire oublier ses errances commerciales et le virage hard rock souvent mou du genou des 15 dernières années. Avec sa production lourde (100% made in Germany) et ses riffs bourrins, presque thrash, ce disque est finalement assez atypique dans la discographie du groupe puisqu'il dégage une ambiance très sombre et le son moderne de l'album est très loin des influences rock'n'roll du groupe. Le départ de Nigel Glocker (batterie) y est certainement pour quelque chose, le son de batterie de Fritz Randow est beaucoup plus carré et rentre-dedans. Personnellement, j'ai toujours beaucoup aimé ce disque, il s'agit de la période où j'ai le plus suivi le groupe en concert (3 dates sur la tournée) et j'ai pu me faire à l'efficacité des morceaux du disque qui appellent au headbanging le plus sauvage. 2 décennies et quelques albums après, j'admets qu'il ne s'agit certainement de loin pas le meilleure album du groupe, ni le plus fun, mais la puissance que dégagent ses morceaux reste intact et il aura le mérite d'avoir remis Saxon sur le podium des grands groupes de Heavy Metal anglais à suivre (quelques temps avant la reformation des Iron Maiden et plus tard Judas Priest).
Killing Ground [2001]

Unleashed The Beast était le retour de Saxon au vrai Heavy Metal, Metalhead en était la confirmation brute de décoffrage, avec Killing Ground, le groupe n’a plus rien à prouver et se fait plaisir en dévoilant un visage plus étendu de sa musique en passant de pur Heavy rentre dedans à des titres plus mid-tempos en osant au passage reprendre du King Crimson sans que cela choque, bref Saxon pète la forme et se laisse un peu aller avec un album plus passe-partout. J'ai toujours trouvé que ce disque manquait d'unité passant de gros titres heavy (Dragon's Lair est une petite merveille) à des morceaux un peu moins inspirés (Running For The Border, Shadows On The Wall ou Coming Home pour en prendre 3). Un album avec un son toujours aussi carré et germanique, mais aussi percutant que ses deux prédecesseurs. L'album était surtout indispensable dans sa version limitée qui contenait 8 classiques réenregistrés avec son line-up actuel. Malgré sa qualité inégale, Killing Ground reste un bon disque qui mérite sa place chez les fans du groupe.

Heavy Metal Thunder [2002]

D'habitude je râle un max sur les albums de réenregistrements de vieux classiques car non seulement les productions modernes manquent de subtilité, mais souvent le feeling n'est plus au rendez-vous les musiciens ne sont plus les mêmes ou ont pris un coup de vieux. Bref, rien ne vaut un enregistrement original, il est toujours supérieur. Mais dans le cas de Saxon ça fonctionne plutôt bien... le groupe fait le tour de ses albums les plus mythiques jusqu'à Crusader (1984) forcément rien à jeter que du bon, de l'épique, du sauvage, des riffs à tout va! On ne peut que saluer ces réenregistrements d'hymnes de la NWOBHM qui fait office de parfait best of de la période dorée du groupe! le ronchon que je suis regrette quand même que Nigel Glocker ne soit pas de la partie, son jeu de batterie plein de feeling et de groove manque quand même cruellement à ses versions un peu trop carrée mais ultra-efficace. Une belle façon de s'initier à la musique du groupe!

Lionheart [2004]

À sa sortie j'ai accueilli avec pas mal de circonception ce disque car il voyait l'arrivée de Jörg Michael (Stratovarius, Running Wild) à la batterie et son jeu de bûcheron hyper carré qui manque quand même furieusement de groove et que je n'imaginais pas dans ce groupe. Mes craintes étaient en partie fondées car c'est sans doute l'album le plus power metal à l'allemande du groupe... la musique est particulièrement intense avec beaucoup de titres aux guitares speedées et quelques saupoudrages de double-pédale avec un Byff qui va chanter des notes très hautes comme il ne le faisait même pas à ses 20 ans. Quand on pense que le groupe avait tendance à se popifier 15 ans plus tôt, on ne va pas se plaindre d'un album très metal, mais au niveau des compositions ce n'est pas ce disque qui restera dans les mémoires même si des titres comme Lionheart ou Flying On The Edge sont succulents, d'ailleurs ce sont les plus épiques et les moins rentre-dedans des compos, comme quoi... Avec les années de recul, je dois constater que je n'ai pas ressorti souvent ce disque, qui pour moi ne représente pas vraiment l'esprit Saxon, mais il se démarque suffisamment des autres albums par son intensité qu'on ne peut qu'avoir du plaisir à l'écouter. 

The Eagle Has Landed III [2006]
Enregistré sur les tournées européennes de 2004 et 2005, ce live de Saxon a pour principal objectif de nous faire découvrir majoritairement des morceaux qui ne figurent pas sur les deux premiers épidodes des lives: The Eagle Has Landed. Inutile de dire que vu la trentaine de classiques qui figurent déjà sur les deux premiers albums live, ce live contentant en tout 32 morceaux ne va pas faire que dans les morceaux connus. C'est d'ailleurs sa faiblesse car ce disque n'égale en rien l'intensité d'un vrai live de Saxon. Le premier CD se concentre sur la période 80's du groupe exhumant de vieux morceaux des 5 premiers albums, c'est toujours plaisant, parfois jouissif. Le deuxième CD, lui se concentre sur les albums plus récents même si quelques pépites comme Broken Heroes (1985) sont également de la partie. Évidemment, le résultat de ce choix de séquençage est que le tout manque de cohésion et même si quelques classiques comme Solid Ball Of Rock ou Wheels Of Steel viennent redynamiser la set-list, on a plutôt l'impression d'avoir affaire à une compilation de morceaux lives rarement joués qu'à une expérience de concert. Rajoutons que le mix n'est pas spécialement bon, on a un double-album qu'on conseillera avant tout aux fans les plus endurcis.

The Inner Sanctum [2007]

Bonne nouvelle, le retour de Nigel Glockler derrière la batterie, poste qu'il occupa de 1982 à 1999, j'ai toujours aimé son jeu de batterie qui sied à merveille au style du groupe, sa frappe plus subtile et groovy est parfaite pour remuer les tripes. Avec ce disque, Saxon revient à des sonorités heavy rock plus traditionel, un peu comme si le groupe avait envie d'explorer les grosses rythmiques lourdes et simples d'un AC/DC. Si à sa sortie, j'avais été plutôt emballé par le contenu de l'album, j'admets ne plus y revenir très souvent. Si l'album propose des compositions variées qui font le tour de ce que le groupe a proposé ces deux dernières décennies: du lourd, de l'épique, du rapide, il n'y a pas non plus de morceaux complètement ultimes comme pouvait le proposer les albums précédents. Dans son approche, il me rappelle un peu l'album Angel Of Retribution de Judas Priest qui marquait un manque de progression et une impression de déjà-entendu malgré sa qualité intrinsèque. Malgré ce bémol, The Inner Sanctum est un bon disque avec des compositions plaisantes qu'on a toujours plaisir à écouter mais au final peu marquant pour le fan que je suis.

Into The Labyrinth [2009]
Avec ce disque, Saxon m'a un peu perdu. Ce n'est pas que l'album soit mauvais en soi mais il semble n'être qu'une resucée de The Inner Sanctum sortit en 2007 avec une approche musicale avec des rythmiques simplettes et un heavy rock groovy mais ultra prévisible, un peu comme si l'inspiration était en panne sèche. La nouveauté est l'utilisation de choeurs samplées sur plusieurs morceaux (Battalions Of Steel ou Valley Of The Kings) qui n'amènent pas grand-chose soyons honnête. Into The Labyrinth semble avoir été enregistré pour emmener sur la prochaine tournée une poignée de titres plus simples à chanter et à jouer, histoire de ne pas avoir que des morceaux éprouvants à interpréter, il dégage une force tranquille, presque pépère qui n'atteint clairement pas l'intensité du reste de sa discographie. Après 18 albums studios on ne va pas les blâmer de ce coup de mou.

Call To Arms [2011]
La popularité retrouvée de Saxon au Royaume-Uni et aux Etats-Unis où le groupe remplit à nouveau les salles de concerts contraste un peu avec la faiblesse (relative) de ses deux derniers opus qui n'apportaient rien de bien excitant. Exit la production germanique de Charlie Bauerfeined qui produisait le groupe depuis Metalhead (1999) et retour aux sonorités rock'n'roll du début des années 80. Call To Arms est un retour aux sources, une bonne partie des compositions auraient très bien pu se retrouver sur un des disques 80's du groupe ou s'en approcher. Car si l'intention est là, le feeling qu'avait le groupe grâce à son guitariste originel (Graham Oliver) fait un peu défaut, l'approche guitaristique de Doug Scarrat est quand même plus simple pour ne pas dire simpliste. Sans être une tuerie, ce disque permet de renouveler un peu le son du groupe et amener une nouvelle fraîcheur à la musique du groupe.

Sacrifice [2013]
Avec Sacrifice, Saxon revient au pure Heavy Metal de tradition, la production moderne signée Andy Sneap donne un coup de fouet au groupe qui retrouve de la vigueur et de la puissance dans les guitares. Les compositions sont davantage axées sur les riffs comme le groupe l'avait proposé au tournant des années 2000. J'aime beaucoup ce disque et ses 9 morceaux efficaces et bien ficelés, mention spéciale à Guardians Of The Tomb qui est une petite pépite aux guitares travaillées et une accroche mélodique qui détonne des autres compositions. Je lui reprocherais peut-être sa trop grande linéarité par rapport à un Metalhead (1999) ou Unleash The Best (1997) qui avait peut-être plus de morceaux marquants et variés mais il s'agit du meilleur album depuis Lionheart (2004) qui avait l'avantage d'être plus variés et ambitieux dans l'écriture.

Unplugged And Strung Up [2013]
Unplugged And Strung Up n'est pas un nouvel album de Saxon mais une compilation de réenregistrement de classique du groupe. La plupart des versions sont interprétées soit en version symphonique (5 titres) ou en version acoustique (4 titres). Personnellement je ne suis pas fan de ses versions qui n'amènent pas grand-chose de véritablement excitant, à vrai dire je ne trouve pas le mélange Heavy Rock et musique classique très pertinent. Cela dit, le groupe propose également 5 réenregistrements en version électrique de vieux morceaux du groupe comme Stallions Of The Highway et Militia Guard du premier album, Battle Cry (de Rock The Nations (1986)), Just Let Me Rock (Crusader (1984)) et Forever Free (1992) qui  sont dépoussiérés de belle façon. Bref, à vous de voir si l'investissement est pertinent. L'achat vaut le coup dans sa version limitée, car si on ne possède pas la compilation Heavy Metal Thunder déjà sortie en 2002  le deuxième CD bonus et strictement le même et indispensable pour qui ne le possède pas (ou les 4 premiers albums du groupe).

Battering Ram [2015]
Difficile de dire du mal des vétérans de la NWOBHM, surtout quand après 20 albums on arrive à proposer un album aussi correct. Le problème de Battering Ram c'est qu'il n'est pas dans la moyenne qualitative des albums du groupe et qu'il fait même partie des 5 disques les moins intéressants du groupe, ce qui est un exploit car ce disque est plutôt sympa dans l'absolu. Saxon fait du Saxon et n'arrive pas vraiment à sortir de sa zone de confort laissant ce goût de déjà entendu qui ne donne pas spécialement envie de le ressortir. Comme tout album du groupe, le groupe arrive toujours à nous sortir une petite perle, cette fois-ci c'est Kingdom Of The Cross qui tire son épingle du jeu avec son ambiance envoûtante qui détonne des autres morceaux du groupe et qui fait un peu regretter que le groupe n'essaie pas de sortir davantage des sentiers battus comme il a su si bien le faire jusqu'à Lionheart (2004) mais si vous avez aimé la dernière décennie du groupe, aucune raison de ne pas reprendre une dose de Saxon supplémentaire.

Thunderbolt [2018]
Je vais être honnête, les sorties de Saxon depuis 10 ans ne m'ont pas vraiment passionné, pas que les albums soient mauvais mais ils n'ont pas vraiment duré dans mon mange-disque même si je suis sûr qu'ils auront droit un jour à une nouvelle chance. J'ai par contre pas mal écouté ce Thunderbolt durant le premier semestre de sa sortie et ça m'a presque donné envie de réexplorer la discographie entière du groupe tant ce groupe respire la passion et l'envie de bien faire même après 40 ans de carrière. Pour moi le moment fort de ce disque est le morceau They Played Rock And Roll qui est un hommage à Motörhead très réussi renouant avec le mordant qu'avait le groupe au début des années 80, le morceau Roadies Song est également mémorable avec son feeling rock'n'roll old school que le groupe n'explore plus assez à mon goût. Le reste des morceaux est plus dans la veine des sorties récentes du groupe et se laisse écouter en boucle sans problème. Un peu comme sur ses prédécesseurs, il manque des riffs inoubliables et un brin de folie pour être un classique, même si sur le plan musical le groupe reste inattaquable en particulier le chant de Biff Byford toujours aussi solide. En résumé, ce Thunderbolt est un bon disque qui a su pour une fois attirer mon attention et me faire replonger dans l'univers du groupe que j'avais un peu délaissé depuis une décennie! rien que pour ça je ne peux évidemment que le recommander.