Rocka Rolla [1974]

La carrière d’un des plus grands groupes de Heavy Metal de tous les temps commence avec ce disque. À cette époque Judas Priest n’avait pas encore trouvé son style, sa musique sonne comme pas mal de petit groupe rock de cette époque avec des influences évidentes de Black Sabbath, Led Zep, Deep Purple ou encore Blue Öyster Cult. Ce disque n’est pas inoubliable, même s'il distille quelques moments sympatiques, il manque cruellement d’intensité musicale, seul le chant de Rob Halford sait se faire menaçant par moments. Le problème c'est son penchant pour les envolées progressives qui ne parviennent pas à prendre et qui manque d'accroche et de puissance pour vraiment marquer les esprits comparés aux groupes précités. Seul les fans qui s'intéressent à l'histoire du groupe pourront accrocher à ce disque qui relève plus de l'anecdote que d'un monument de l'histoire du rock. Les choses sérieuses commenceront à l'album suivant.

Sad Wings Of Destiny [1976]

Après un premier album dispensable, Judas Priest prend son envol et démontre tout son potentiel avec des guitares qui prennent toutes leur place et qui font l'identité du groupe avec la voix inimitable de son chanteur. Les titres sont nettement plus personnels et inspirés. Ce disque contient son lot de titre à la fois épique, aériens mais résolument heavy. Le son un brin désuet et sans puissance ou le chant de Rob Halford encore un peu fragile et imparfait pourraient être les défauts de ce disque, mais je trouve qu'au contraire ils donnent un charme fou, voire magique à ce disque qui fait partie des incontournables de la discographie du Priest. Il reste en tout cas l’album de l’ère 70’s du groupe à posséder en priorité car il constitue un best of à lui tout seul. À noter que pour des sombres questions de droits, ce disque ainsi que Rock Rolla n’ont pas été réédité avec la discographie officielle du groupe et que les titres ne figurent pas sur les best of du groupe… dommage car cet album est vraiment indispensable à tous fans de Judas Priest ou simplement de Hard Rock. Un disque magique!

Sin After Sin [1977]

Ce troisième album de Judas Priest marque un virage décisif vers le heavy metal et reste le témoin du renouveau du metal anglais qu'on appellera plus tard la NWOBHM. Le chant de Rob Halford devient plus perçant, les riffs plus incisifs à l’image de morceaux comme Sinner, Dissident Agressor ou Starbreaker qui sont parmi les plus agressifs du répertoire de l’époque. Les influences rock voire folk sont toujours présentes avec la superbe reprise du Diamonds And Rust de Joan Baez et quelques titres moins connus. Si ce disque contient son lot de superbes titres et qu'il bénéficie d'un son bien supérieur à ses prédécesseurs, je le trouve quand même un peu moins indispensable, ce d’autant plus que les meilleurs titres se trouvent sur des versions encore magnifiées sur le live Unleashed In The East (1979) et que les morceaux plus obscurs ne sont pas  inoubliables. Sin After Sin reste un très bon disque et un des témoignages les plus intéressants de cette transition entre le Hard 70's et le Heavy Metal tel qu'on le connaîtra au début des années 80.

Stained Class [1978]

Si des albums comme Painkiller et Screaming For Vengeance ont su conquérir le cœur des fans de heavy metal 80’s, il serait dommage de sous-estimer la période 70’s du groupe qui contient presque que d’excellentes choses, certes le heavy est moins direct, le son plus Rock mais quel feeling! Ce Stained Class est un de mes disques préférés du Priest toutes périodes confondues, quelques classiques mais aussi pas mal de titre moins connus comme Heroes End, Better By You, Better Than Me ou Saints in Hell qui gagneraient à l'être ! J'ai d'ailleurs toujours trouvé que ce disque était trop souvent oublié dans la carrière du groupe alors qu'il est certainement un de celui que j'écoute le plus car il est le parfait mélange entre la puissance du groupe qui s'affirme de plus en plus clairement que ça soit au niveau du look ou du chant de Rob Halford qui pousse de plus en plus loin sa voix criée sans parler des mélodies accrocheuses qui font toute la saveur du groupe! Un must!

Killing Machine [1978]

Cet album m'a toujours un peu résisté même s'il contient une partie de mes titres favoris de Judas Priest: le fantastique Running Wild, le délicat Before The Dawn et la magnifique reprise de Fleetwood Mac, The Green Manalishi (With The Two Prong Crown) et bien sûr Hell Bent For Leather (qu'on entend peut-être un peu trop souvent...), mais à côté de ça il contient des titres un peu moins convaincants comme Take On The World, une tentative d’hymne à la We Will Rock You de Queen à mon avis ratée et quelques titres qui ne parviennent pas complètement à rivaliser avec la qualité de l'album Stained Class sorti la même année. Pour tout dire, il m'a toujours donné l'impression qu'il était consitué de plusieurs morceaux qui n'avaient pas été retenus pour ce dernier avec des titres aux sonorités plus rock et catchy qui n'ont pas l'intensité musicale que ce à quoi le groupe nous avait habitué. Dans les fait, le groupe avait la volonté de simplifier sa musique pour toucher un public plus large et ça s'entend. Cela dit on parle de Judas Priest et même les morceaux les plus obscurs comme Rock Forever ou Burnin'Up reste des petites pépites qui plus de 4 décennies après leur enregistrement restent des plus appréciables. Killing Machine, reste un bon disque du Priest que je conseillerais avant tout à ceux qui ont déjà apprivoisé la musique du groupe.

Unleashed In The East [1979]

Ce live est mythique dans la discographie du Priest et l’intérêt de ce disque n’est pas l’ambiance survoltée, on n’entend d'ailleurs pas le public. Unleashed In The East est une compilation des meilleurs titres du groupe enregistrés sur la tournée japonaise de 1979 par Judas Priest et les versions sur scène sont complètement sublimées, notamment le chant de Rob Halford qui est à pleurer tant il transpire la classe, il admettra avoir réenregistré le chant en studio ce qui alimente la polémique sur cet album mais on s'en branle. Faux live ou pas, la qualité de cet album réside dans la musique du groupe qui ici prend une dimension largement supérieure aux versions originales que ça soit au niveau de l'intensité musicale ou de la puissance sonore. J'avoue qu'il est parfois bien difficile pour moi de réécouter les versions studios après s’être enfilé ce disque tant la différence est énorme. Pour l'anecdote, on remarquera que cet album ne présente que deux morceaux de Killing Machine alors que la tournée était censée en faire sa promotion et vu la qualité des morceaux mon seul regret est l’absence de titres comme Beyond The Realm Of Death ou Stained Class qui n’auraient pas fait tache sur ce disque, m’enfin c’est là chipoter car ce live est avant tout une trace indélébile de la légende Judas Priest et son heavy racé et classieux. Une tuerie!

British Steel [1980]

British Steel a été un de mes premiers contacts avec Judas Priest. à l’époque je n’avais pas apprécié ce disque et ses titres catchy et simplets au premier abord. Avec les années, j’y suis revenu et je dois admettre y avoir trouvé une grande partie du génie de ce groupe. Si le groupe avait déjà tenté de simplifier sa musique et de la rendre plus accessible sur Killing Machine, ce disque est l'aboutissement de cette évolution avec des morceaux excellemment produits et ultras efficaces. Pour tout dire, cette capacité à pondre des hymnes me laisse sur le cul, prenez un titre comme Breaking The Law que n’importe quel musicien débutant peut reprendre sans grandes difficultés et pensez que ce même groupe a pondu des titres comme Beyond The Realm Of Death ou Victim Of Changes par le passé. Ce disque est un concentré d’hymnes à la fois heavy et accrocheur, un best of à lui tout seul! Les Metal Gods, Living After Midnight, The Rage, Rapid Fire se complètent à la perfection. Je ne dirais pas que c’est forcément le meilleur album, ni mon préféré de Judas Priest mais c’est incontestablement un classique, un album fédérateur qui prend toute sa dimension lors de metal party ! un disque qu’on écoutera encore ces prochaines décennies. Peut-être Le classique du groupe qui plaira au public le plus large.

Point Of Entry [1981]

Après le succès international de British Steel qui voyait pour la première fois le groupe accédé aux marchés américains avec un certain succès, le groupe enregistre rapidement un disque plus radio friendly et encore moins agressif que British Steel où Rob Halford pousse moins sur ces cordes vocales. J’ai toujours eu un faible pour ce disque qui est pour moi la bande son parfaite pour tailler la route ! pas de prise de tête, simple, varié, entraînant, limite commerciale parfois ou tout du mois orienté pour le marché US. Ce disque a suscité pas mal de controverses et aujourd'hui divisent toujours les fans et alimentent les débats de fin de soirée. Je fais partie des défenseurs de cet album car j'y trouve du pur Priest, un groupe qui a la classe et qui sait faire des albums différents avec toujours cette british-touch immédiatement identifiable. Je recommande ce disque qui contient d'excellents morceaux, mais peut-être faut-il apprécier le Hard’N’Heavy dans toute sa diversité pour l’apprécier dans sa totalité. En tous les cas, il s’agit de l’album de Judas Priest que j’écoute le plus et qui pour sa belle diversité ne procure chez moi aucune lassitude. 

Screaming For Vengeance [1982]

Après un album plus mélodique, le coup de génie du groupe est d'avoir su durcir sa musique et ainsi surfer sur la vague Heavy Rock qui était en train d'exploser aux États-Unis en même temps que l'explosion des ventes d'album des Iron Maiden et autre Saxon. C’est d'ailleurs sur ce marché que le groupe va casser la baraque est enfin connaître un succès planétaire en se produisant enfin en tête d'affiche après 8 albums studios au compteur. Le déclencheur est certainement You've Got Another Thing Coming qui est devenu un morceau emblématique du groupe, mais que dire de l'ouverture qui fait dresser les poils The Hellion/Electric Eye ? certainement la meilleure introduction d'album de tous les temps qui introduit parfaitement le rapide et acéré Riding On The Wind où Rob Halford produit un chant démentiel tout en puissance, tout comme sur Screaming for Vengeance d'ailleurs. Le terriblement accrocheur Devil's Child et ses 3 accords simple et efficace ponctue un album varié, puissant et inspiré qui deviendra emblématique du style Judas Priest pour le grand public. Screaming For Vengeance est un album essentiel dans la discographie du Priest et certainement un des albums les plus emblématiques de cette vague de heavy metal britannique du début des années 80 qui perce outre-atlantique.

Defender Of The Faith [1984]

Sur ce coup je n'arriverais pas à être objectif, ce disque est pour moi l'album ultime de Judas Priest qui n'est rien d'autre que mon groupe préféré. Je n'y ai jamais décelé le moindre point faible si ce n'est peut-être son étrange pochette, l’album est redoutable d'efficacité et magnifiquement équilibré entre morceaux rapides et mélodies, le tout saupoudré d'un feeling incroyable. Si Screaming For Vengeance avait déjà préparé le terrain avec son heavy rapide et musclé, Defender Of The Faith enfonce le clou. Rob Halford est au sommet de son art avec son chant aérien et incisif. Je ne connais aucun album capable de me transporter aussi loin au niveau des émotions que peut délivrer un morceau comme The Sentinel qui contient tout ce que j'aime dans le Heavy Metal des riffs et des soli monumentaux, un chant à pleurer entre agressivité et émotion avec cette ambiance menaçante, sombre mais à la fois tellement lumineuse dans son interprétation empreint d'un lyrisme magique. La classe ultime.  De toute façon, cet album ne contient que des grands morceaux et il demeure pour moi la plus grande référence du groupe et le maître-étalon de tous les albums du Priest.

Turbo [1986]

Après deux albums qui ont connu un grand succès aux States, Judas Priest tente d'enfoncer le clou avec ce Turbo qui sent bon le virage commercial que prendront beaucoup de groupe de l'époque. Les guitares se font plus légères, les synthétiseurs ultra-présents, le son tellement 80's en fait certainement un des disques du groupe qui a le plus mal vieilli de la discographie du groupe. Certains fans parlent alors de trahison, il est vrai qu’à l’époque je n’aurais certainement pas apprécié ce changement de style d’un des groupes emblématiques du tout puissant Heavy Metal qui venait d'aligner deux références ultimes dans son genre. Avec le recul, je dois avouer apprécier cet album, Judas Priest est un groupe qui a su s'adapter à chaque époque sans perdre son style unique et sans un album comme Turbo, il manquerait peut-être quelque chose à la discographie du groupe d'autant qu'il contient pas mal de bons morceaux qui permettent une fois de plus de mettre en avant la voix et le feeling extraordinaire de Rob Halford. Un album peut-être pas des plus indispensables car les meilleurs morceaux de ce disque se trouve sur le Priest…Live (1987) dans des versions bien meilleures car dénuées de cette production synthétique qui ruine le plaisir d'écoute et qui reste - à mes oreilles - le gros point noir du disque qui m'a toujours empêché d'apprécier pleinement  l'album. Je recommande d'ailleurs chaudement la version remastérisée sortie pour le 30ème anniversaire d'album qui contient un double CD live de la tournée et qui est encore meilleur que ce dernier live.

Priest...Live!!! [1987]

Le groupe au sommet de sa popularité aux 'États-Unis choisit d'y enregistrer la tournée pour y enregistrer son deuxième disque album live qui prend des allures de best of de la période 80's du goupe, aucun morceau des 5 premiers albums ne figure sur la version orginale. Il aurait pu être le parfait complément d'Unleashed In the East (1979) s'il n'était pas sorti à une époque tourmentée du groupe qui hésitait entre sonorités plus commerciale et son style résolument heavy. Au final, ça donne un chouette témoignage d’une époque désormais révolue mais qui ne représente pas vraiment le groupe dans sa totalité, j'ai toujours pensé que si le groupe avait enregistré sur la tournée précédente qu'il aurait été autrement plus représentatif du vrai Judas Priest. Mais ne boudons pas notre plaisir, c’est bien parce que ce disque a été enregistré en 1986 qu'il est rétrospectivement attachant, pour son son désuet principalement et ses guitares synthés qui ancrent l'album dans une histoire révolue, d’ailleurs le son est tellement propre qu’on se demande parfois si c’est bien un vrai live. Je ne recommanderais pas forcément ce disque à quelqu’un qui veut découvrir le groupe mais les fans du Priest sauront apprécier la bête vue la qualité des morceaux présents sur cette double galette, notamment les morceaux de Turbo qui à mon avis sont bien meilleurs dans leur version live qu'en studio. 

Ram It Down [1988]

À l'origine Turbo devait être un double album avec une partie plus commerciale et une autre présentant le visage plus  traditionnel du groupe. Le label ayant refusé ce concept, Ram It Down est donc en quelque sorte les chutes de studios de l'album précédent qui voit donc le groupe renouer à un style plus convenu pour Judas Priest.  Honnêtement, ce n'est pas le meilleur album du Priest, ni le meilleur album de heavy metal sorti en 1988, la production étrange et toujours aussi plastique ne met clairement pas en valeur les morceaux ce qui m'a un peu comme Turbo toujours ruiné le plaisir d'écoute. Il n'empêche que ce disque me semble toujours plus indispensable au fur et à mesure que les années passent, on a beau vouloir dire qu'il est moins inspiré que les précédents, il contient son lot de très bons titres:  Heavy Metal, Hard As Iron, Blood Red Skies pour en citer trois, mais peut-être aussi quelques morceaux remplissages moins marquants qui font de ce disque un album en deçà des standards passé du groupe. Un album que je conseille pas forcément pour découvrir Judas Priest mais qui complètera à merveille la discographie d'une oreille avertie.

Painkiller [1990]

Chaque fois que je m'écoute ce disque, je me demande ce que serait le statut de Judas Priest s'il n'avait pas pondu ce fameux Painkiller. Une vieille gloire du début des années 80 à l'image d'un Saxon ou même d'un Anvil? peut-être plus quand même. En ce début des années 90 plus personne n’aurait misé sur l’avenir Judas Priest, groupe vieillissant et limite ringard alors que le Heavy est en chute libre question popularité... même les groupes de Thrash ramollissent et voilà que le groupe déboule avec un des albums le plus puissant, le plus rapide, le plus ravageur de leur carrière. Certains considèrent ce disque comme l’album ultime du Heavy Metal et j’en fais partie. Les plans commerciaux sont complètement mis de côté, place aux cris de Rob Halford, aux guitares tranchantes, aux massacres de fûts et tous cela avec des compositions sortant de l’acier le plus pur. TOUS les titres de ce disque sont des merveilles et sont forgé dans le même moule, c'est d'ailleurs peut-être la seule faiblesse de l'album et ce qui n'en fait pas le disque que j'écoute le plus, alors que des Sad Wings Of Destiny ou même un Defender Of The Faith savaient faire preuve de variété, ici tous est peut-être trop uniforme pour que je le considère comme le plus grand disque du groupe, mais c'est aussi ce qui en fait un album légendaire.

Jugulator [1997]

5 ans après le départ de Rob Halford, Judas Priest revient avec ce disque dont la sortie n'arrêtait pas d'être repoussée pour d'obscures raisons. Au chant un petit nouveau: Tim "The Ripper" Owens qui officiait auparavant dans Winters Bane et un tribut band à Priest. Le choix du chanteur n'était pas mauvais car vocalement il assure comme une bête, pouvant immiter Rob mais également se montrer plus agressif. Mais voilà le Priest a voulu avec ce disque montrer un côté plus moderne et l'essai est complétement manqué. Le résultat est un metal bruitiste, un espèce de Power Thrash au son plus proche de Machine Head ou Pantera que des bons vieux classiques du groupe. D'un côté ce n'est pas étonnant, Judas Priest a toujours su coller à la musique de son époque en conservant son style. Mais sur celui-ci, je n'y retrouve pas le groupe, le manque de mélodies et la surproduction (samplers, bruitage) m'en donne la nausée. Ce disque n'a que peu de rapport avec un album de Judas Priest et sous un autre nom, je n'y aurais pas prêté attention même s'il semble avoir ses fans. Une de mes plus grosses déceptions musicales pour ma part avec le recul, je peux admettre que deux ou trois morceaux ne sont pas trop mal, mais c'est vraiment quand je suis de bonne humeur et pour tout dire je ne le ressors jamais.

'98 Live Meltdown [1999]

Pas mal de fans (dont moi) n’ont pas été convaincu par Jugulator qui voyait Rob Halford remplacer par Tim « The Ripper » Owens, malgré tout c'est bien sur scène qu'on attendait le retour de ce groupe légendaire et bien d'un point de vue musicale  on comprend pourquoi le groupe a pris ce bonhomme dans ses rangs: il tue !!! Bref revenons à ce double live, il retrace parfaitement la carrière de Priest, tous les classiques ou presque y passent: en tous 24 titres et rien à jeter même pas les nombreux titres de Jugulator qui sur scène, il faut l’admettre, passent la rampe avec mention « pas mal ». Le son y est monstrueux et le public ultra-présent. The Ripper donne tout ce qu’il a, s’arrachant les poumons sur des Painkiller et autres  Grinder, hypnotisant sur Diamonds & Rust: vocalement c’est le chanteur de Judas Priest qu’il fallait. Certes, certains fans regretteront toujours Halford, certes The Ripper n’a pas la classe de celui-ci, ni exactement le même timbre mais il parvient parfaitement à remplir son rôle. 20 ans après sa sortie, j'ai toujours du plaisir à ressortir ce disque qui change des autres lives du Priest et sa set-list est un best of à lui tout seul et pour avoir vu ce line up après la sortie de ce disque, c'est surtout visuellement que Tim Owens n'était pas le fronteman idéal du groupe notamment à cause de son manque de charisme et son attitude un brin nonchalante mais c'est du passé...

Demolition [2001]

Des fois on se demande si les reformations de groupes aussi mythiques sont nécessaires si c’est pour nous sortir des albums de cette trempe… Demolition n’est rien d’autre qu’une relecture par Glenn Tipton des groupes du moment comme Rammstein ou  Maryline Manson. La classe légendaire de Judas Priest, il n’en est ici plus question, riffs lourdingues et linéaires, bidouillages  électroniques inutiles, rien ne sauve cet album même pas les 2 ballades qui n’ont que peu de feeling, un effort a été fait niveau mélodie depuis Jugulatormais à quoi bon si c’est pour nous ressortir des titres sans saveur qui se ressemblent tous et qui ne mettent pas le chant de Tim Owens à contribution. Bref vous l’aurez compris ce disque est une énorme déception et bien plus mauvais que Jugulator qui avait au moins une certaine ambition et une envie de convaincre avec des morceaux qu'on pouvait retenir. L'Histoire a l'obligation d'oublier ce disque.

Live In London [2002]

Après un album aussi infect que « Demolition », faut être masochiste (ou riche) pour se payer le CD/DVD de la tournée mais bon le Priest reste le Priest est quand on aime on oublie vite. Première déception le concert au Brixton de Londres qui comptait 25 titres se voit ici amputé de 6 titres en version DVD et pas des moindres puisque Beyond The Realm Of Death, The Sentinel ou encore The Green Manalishi passent à la trappe (rien que pour ça ce DVD perd une étoile, mais ils sont sur la version CD). Reste 19 titres dont 3 tirés de Demolition et 2 de Jugulator, ils restent donc 14 titres du légendaire Judas Priest époque Rob Halford ce qui n'est déjà pas si mal. Quant au produit en lui-même, si les menus sont assez cheaps, la réalisation, le son et l’image sont purement excellents. La performance du groupe elle est impeccable, seul bémol Ripper Owens chante à la perfection tous les titres mais n’a pas le charisme à la hauteur de son rang. Le pauvre à un mal pas possible ne serait-ce qu'à regarder le public dans les yeux, alors faut pas lui demander de lui parler (voilà la deuxième étoile en moins)…m’enfin ça c’est des choses qui reviendront bien souvent dans les critiques de ce line up. Il faut définitivement un Rob Halford pour redonner la splendeur de Judas Priest. Mais ne soyons pas trop dur, ce DVD est fichtrement bien fait et regarder des titres comme Desert Plains, Touch Of Evil ou Diamonds & Rust restent un plaisir énorme et puis aujourd'hui on sait que l'histoire s'est bien terminée...

Angel Of Retribution [2005]

Après deux albums indignes de porter le logo Judas Priest. Glenn Tipton et sa bande se reforment autour de son leader incontesté : le grand Rob Halford, j'avoue ne pas avoir pu me retenir de hurler ma joie en n'apprenant la nouvelle. Comme par hasard le niveau monte d’un cran ! Bien sur ceux qui attendaient le successeur de Painkiller en auront pour leurs frais puisque Judas Priest a décidé d’offrir un album varié un peu à l’image des classiques qu’étaient Screaming For Vengeance ou Defender of The Faith qui contenait des titres speeds et agressifs, des titres épiques mais aussi des ballades, bref Angel Of Retribution est un album 100% Judas Priest dans sa forme la plus classique… et c'est peut-être sa faiblesse car il se dégage une certaine forme de prévisibilité qu'aucun autre album n'avait vraiment eu jusqu'à ce jour. Si certains titres auraient pu figurer sur les albums 70’s du groupe comme l’étrange et épique Lochness qui est sans doute le morceau le plus étonnant de l'album, d’autres sont purement 80’s (Hellrider) alors que d'autres plus moderne et agressif comme Judas Rising ou Demonizer auraient pu se retrouver sur les albums solos d'Halford. Pour moi, l’exercice est réussi avec mention très bien, on n’atteint peut-être pas la splendeur des meilleurs albums du groupe, mais on reste dans le très bon, ce disque s’écoute en boucle et une bonne moitié des morceaux sonnent comme des classiques. Un beau retour et une leçon de metal donné par les maîtres du genre! Je n'en attendais pas moi de ce groupe, même si son côté prévisible et peut-être la qualité des albums solos de son chanteur avaient peut-être suscité des attentes encore plus élevées à son sujet, mais 15 ans après sa sortie ce disque reste un bel album toujours aussi plaisant à écouter.

Nostradamus [2008]

Énorme ! je ne trouve pas d’autre mot pour qualifier cet album de Judas Priest. Pourtant ce n’était pas gagné, lorsque le groupe a annoncé sortir un double album, qui plus est un album concept sur Nostradamus, je faisais partie des plus sceptiques. Déjà parce que je n’ai jamais aimé les albums trop longs et surtout parce que le groupe était resté sur un album manquant un peu de génie (un peu j’ai dit, Angel of Retribution est un bon disque). Mais le résultat est probant, cet album est admirable car il excelle sur tous les points : il est ambitieux et abouti, inspiré et créatif, émotionnel et captivant, je suis un fan de Judas Priest de longue date mais je n’avais jamais osé espérer entendre un tel album d’eux après 40 ans de carrière. Une fois de plus, le groupe explore une nouvelle direction musicale et cette fois-ci le groupe a voulu décliner son heavy metal classieux dans une dimension plus atmosphériques et symphonique. Les oreilles les plus chastes seront horrifiées de découvrir un Judas Priest qui ne base pas ses compositions sur les fameux duels de guitares Tipton/Downing, sur Nostradamus   les claviers et le chant lyrique et solennel de Rob sont les fils conducteurs des morceaux. Ma première impression a même été complètement déstabilisante, ce disque ne ressemble à aucun autre disque du groupe et à rien de vraiment comparable dans la scène metal, Judas Priest s’est complètement réinventé avec une vingtaine de morceaux tous différents les uns des autres, explorant des émotions toutes aussi variées. Mais au fil des écoutes, cet album devient une drogue… les compositions s’avèrent accrocheuses et cohérentes, tant et si bien que les passages qui me semblaient des points faibles lors des premières écoutes se transforment en passage-clef indispensable à la logique de la narration. Bref, à mes oreilles ce disque ambitieux et risqué est une réussite totale. Il fallait des couilles grosses comme des ballons de foot pour oser sortir un disque pareil à l’heure où les mp3 se jettent à la corbeille plus vite qu’il ne faut pour les télécharger, sortir un disque de 105 minutes qui demandent un minimum d’investissement pour être apprivoisé s'est même un suicide commercial. Judas Priest n’en a fait qu’à sa tête et a sorti l’album qui m’a mis la plus grosse baffe de ce nouveau millénaire. Les maîtres du Metal ont sorti un nouvel album de référence écoeurant de classe et de génie. Judas Priest est objectivement le plus grand groupe de tous les temps ! J'espère qu'un jour ce disque sera reconnu par un plus large public car il n'a pas eu la reconnaissance à ce jour et à causer indirectement le départ de son guitariste KK Downing qui en était un des principaux protagonistes.

Redeemers Of Souls [2014]
Après une tournée censée être la dernière tournée mondiale du groupe (Epitaph Tour) et le départ de KK Downing, guitariste emblématique du Priest, je n'osais espérer un nouvel album. C'est chose faite avec ce Redeemers Of Souls qui a la lourde tâche de succéder à l'album le plus ambitieux du Priest. Pour la première fois de sa carrière, à l'exception peut être d'Angel of Retribution, le groupe ne se réinvente pas et se contente d'une succession de titres faisant écho à sa riche carrière. L'album alterne le bon et le plus dispensable mais si l'on se contente du minimum, ce disque fait le job auprès du fan du groupe (que je suis). Son principal défaut est sa production froide et métalique qui me ruine pas mal le plaisir d'écoute... une approche à la Painkiller sans la chaleur de la voix de Rob et la folie musicale qui va avec ça le fait moins. Il n'en reste pas moins que le fan appréciera toujours autant ses duels de guitares, les mélodies vocales parfois bien inspirées et un Heavy Metal classieux qui reste toujours supérieur à la concurrence. À noter l'existence d'une version 2 CD avec 6 titres bonus plus ou moins bon d'ailleurs.
Battle Cry [2016]
Judas Priest a beau être mon groupe préféré, il faut avouer que je ne me suis pas rué sur cet enregistrement public du groupe, déjà parce qu'en rééditant les albums 80's il y avait à chaque fois un enregistrement live de la grande époque et j'en ai eu ma dose, mais aussi parce qu'il faut bien se l'avouer Rob Halford vieillit et sa voix n'est clairement plus ce qu'elle était. À sa vue dans un bac chez mon disquaire j'ai craqué. Faut dire que la tournée Redeemers of Souls était bien bonne, le groupe en forme jouait une excellente set list et ce live en est le principal témoignage avec un Rob vocalement à la hauteur... bon d'accord... Painkiller... les aigus ne sont pas comme sur l'album gnagnagna, on connaît la rengaine. Il n'empêche que de tous les lives du groupe de ces 30 dernières années, ce Battle Cry est sans doute un des plus intéressants. Le son est très bon, les hits s'enchaînent et j'ai passé une bonne partie de l'année 2016 à me le passer en boucle. Avec comme seul regret que des morceaux cultissimes comme Desert Plains ou The Rage pourtant joués sur la tournée n'ont pas été joué sur cette date, tout comme Turbo Lover qui a été coupé (capacité d'un simple CD oblige mais le morceau figure sur la version DVD). Dommage, mais ça ne gâche pas mon plaisir. Franchement, même si cette version CD ne marquera pas l'histoire du groupe, je ne peux que le recommander aux fans et même, soyons fou, le recommander au néophyte avide d'avoir une idée de ce qu'est Judas Priest. Un beau témoignage du Priest des années 2000.
Firepower [2018]
J'ai beau être un fan acharné du groupe et trouver mon compte dans chaque album du groupe, je n'attendais vraiment pas le groupe à ce niveau à ce stade de sa carrière. Firepower est sans doute le meilleur album de pure Heavy Metal sorti par le groupe depuis Painkiller. J'étais déjà sceptique après le départ de KK Downing, suivi de celui de Glenn Tipton rattrapé par la maladie de Parkinson, je pensais que ça allait être l'album de trop du groupe d'autant plus que les premiers extraits de l'album sonnaient convenus ("Lighning Strike" et "Firepower"). Pourtant il faut se rendre à l'évidence ce disque est plus qu'excellent, la voix de Rob Halford est sublime, le son puissant et met magnifiquement en valeur des compositions racées, puissantes et mélodiques dans la plus grande tradition du Priest. A chercher, son seul défaut est peut-être d'être trop classique dans son approche, un peu à l'instar du Resurrection d'Halford qui se contente de donner aux fans ce qu'ils ont envie d'entendre sans chercher à déboussoler au contraire du très ambitieux Nostradamus par exemple (qui reste pour moi le grand dernier chef -d'oeuvre du Priest mais c'est une autre histoire). Malgré ce côté prévisible, Judas Priest arrive malgré tout à filer des frissons avec des morceaux comme "Never The Heroes", "Rising From Ruins" ou "Traitors Gate" qui sonne comme des classiques. Bref, pour moi ce disque est une pure jouissance auditive que je n'avais pas osé espérer et même si pour moi Judas Priest c'est aussi sa paire de guitaristes légendaires qui n'existent plus, il serait bien triste de ne pas se pencher sur ce disque qui est un magnifique hommage à la carrière du groupe. À l'écoute de la prestation de Rob Halford on ne peut qu'espérer que le groupe nous en gratifie d'un autre album de cette qualité!