Night On Bröcken [1984]

1984, l’explosion du Heavy Metal aux Etats-Unis, les compils’ Metal Massacre, toute une période quoi et de la masse de groupe d’inconnus sortira Fates Warning et sa vision du heavy metal. Sur ce premier essai, le groupe qui sera un des pilliers du metal progressif dans le future sonne encore passablement comme les groupes ricains de l’époque inspirés par la NWOBHM (Armored Saint et Jag Panzer en tête) avec peut-être déjà une approche plus complexe et moins direct que ces compatriotes sans atteindre toutefois le rendement des futurs albums en terme d’efficacité des compositions. Enfin bref, si ce disque est bon, il n’est  pas indispensable pour autant, le line up enregistra par la suite 2 albums autrement plus excitant, par contre pour ceux qui restent nostalgique de l’ère John Arch, et bien ce « Night On Bröcken » demeure une possibilité supplémentaire de se faire plaisir.

The Spectre Within [1985]

Après un premier album un peu quelconque, Fates Warning prend une toute autre ampleur avec ce disque qui est une des pièces de base du Metal Progressif où le terme "metal" trop souvent galvaudé sous étiquette garde toute sa superbe; Fates Warning s'il pratique un heavy pas forcément évident n'en reste pas moins jouissif à écouter. D'ailleurs entendons nous bien, ici le terme progressif est  utilisé au sens 80's du terme, époque où ce genre était du pure heavy metal et les changements de rythmes donnaient une dimension épique aux compositions. Du côté technique ça assure grave, le chanteur John Arch, à une voix incroyable, c'est simple on dirait qu'il ne reprend jamais sa respiration, moi je dis que ce chanteur est bien trop méconnu, il est au niveau d'un Bruce Dickinson (en studio en tous cas) même si le timbre est légèrement plus aigu pour John Arch. Côté musique là c'est la baffe de nouveau ce qu'a fait Fates Warning n'a jamais été recréé par un groupe: un mélange d'heavy épique, mélodique, technique et lyrique: un pure bonheur...les compos qui durent en moyenne 7mn ne sont jamais lassantes, les rebondissements toujours présents. Ce disque est un chef-d'oeuvre point final. 

Awaken The Guardian [1986]

Si « The Spectre Within » avait déjà montré le chemin, ce disque ne fait que confirmer tout le talent du groupe. C’est simple on tient l’album parfait, le genre d’album culte qui sera réédité tous les 10 ans.  Musicalement, ce « Awaken The Guardian » ne fait qu’affiner les éléments de l’album précédent, toujours plus beau, toujours plus grand, on se demande comment John Arch arrive à chanter certaines vocalises qui sont complètement folles (à t’il 3 poumons ?). Musicalement, Fates Warning est inclassable, certains on comparé ce groupe à Maiden, oui peut-être que ces compos heavy incluant de nombreux changement de rythmes et la basse bien en avant peuvent rappeler Maiden, mais c’est tellement réducteur... mieux vaut découvrir et se forger sa propre opinion, si vous aimez le Heavy Metal Progressif axé guitare ne passez pas à côté de ce disque, une merveille du genre qui reste encore aujourd’hui une perle d’originalité, aucun groupe n’a jamais tenté d’imiter ce style. Même pas Fates Warning qui avec le départ de John Arch, changera également de style...

No Exit [1988]

Premier grand virage dans la trajectoire artistique de Fates Warning, John Arch s’en va et est remplacé par Ray Alder au registre plus traditionnel (sur ce disque il a quelques intonations qui rappellent un certain Geoff Tate (Queensrÿche)). Du coup la musique tant aussi  à devenir plus classique ou plutôt elle ressemble d’avantage à ce que sera le metal progressif des années 90, même si on sent que certaines compos ont été composées pour John Arch. En fait, cet album marque parfaitement le lien entre ces 2 visages du groupe, musicalement on peut encore retrouver quelques bribes des albums précédent dans les rythmiques mais les compos sont moins frénétiques, les atmosphères se font plus posées et les passages calmes plus fréquents notamment en ce qui concerne les passages acoustiques. Niveau compos, les 40 minutes de ce disque sont écrasées de tout sa classe par le morceau épique du disque « The Ivory Gates Of Dreams » qui de ses 22 minutes de bonheur vaut à lui seul l’achat de ce disque. Un album chaudement recommandé à tous ceux qui aiment le metal progressif de qualité même si à titre j'aurais toujours une tendresse particulière pour le line-up originel.

Perfect Symmetry [1989]

Fates Warning a commencé une nouvelle carrière avec l’arrivée de Ray Adler au chant, les racines purement Heavy Metal commence à s’estomper et lorgne désormais vers un style toujours plus progressif et complexe dans ses arrangements. Avec « Perfect Symmetry » va encore un pas plus loin dans cette direction, les compos se font de plus en plus lentes, le chant moins haut, on se rapproche d’ailleurs un peu plus du style de metal que pratiquait Queensrÿche dans la deuxième moitié des 80’s, c'est-à-dire un metal technique mais qui regorge de mélodies et d’émotions avec même quelques titres atmosphériques limite ballade comme « At Fates Hand ». On notera en outre la présence de superbes morceaux comme « Through Different Eyes » qui aurait pu figurer sur « No Exit ». Petit point faible à mes yeux une deuxième moitié d'album de qualité un peu moindre.  Un incontournable du metal progressif, qui se doit de figurer dans toute bonne discothèque.

Parallels [1991]

Fates Warning a commencé une nouvelle carrière avec l’arrivée de Ray Adler au chant, les racines purement Heavy Metal commence à s’estomper et lorgne désormais vers un style toujours plus progressif et complexe dans ses arrangements. Avec « Perfect Symmetry » va encore un pas plus loin dans cette direction, les compos se font de plus en plus lentes, le chant moins haut, on se rapproche d’ailleurs un peu plus du style de metal que pratiquait Queensrÿche dans la deuxième moitié des 80’s, c'est-à-dire un metal technique mais qui regorge de mélodies et d’émotions avec même quelques titres atmosphériques limite ballade comme « At Fates Hand ». On notera en outre la présence de superbes morceaux comme « Through Different Eyes » qui aurait pu figurer sur « No Exit ». Petit point faible à mes yeux une deuxième moitié d'album de qualité un peu moindre.  Un incontournable du metal progressif, qui se doit de figurer dans toute bonne discothèque.

Inside Out [1994]

3 ans ont beau séparer cet album de « Parrallels » mais l’album n’en est que la suite logique, l’album s’ouvre même sur un titre qui aurait pu figurer sur cet album, puis au fur et à mesure des morceaux, les influences metal s’estompent et des influences plus rock viennent pointer leur bout de leur affreux nez. Il est clair que si on s’amuse à regarder 8 ans en arrière, on peut ne plus reconnaître le groupe, le seul point commun est que ce groupe pratique une musique progressive de qualité. Certains diront que c'est l'album de la maturité, je dirais personnellement qu'ils ont pris un sacré coup de vieux. Même si j’adhère moins à ce disque, un poil trop calme, donc ennuyeux à mon goût, il m’arrive de m’y replonger de temps à autre avec plaisir. D’autant plus qu’il contient entre autre le morceau « Monument », une des plus belles compositions du groupe…Indispensable à tous les amateurs de Rock Progressif, les metalleux au cœur pur devraient d’abord l’écouter…

A Pleasant Shade Of Grey [1997]

Autant le dire l’évolution est telle chez ce groupe qu’il est désormais impossible de reconnaître le Fates d’alors à celui qui a pondu les « Awaken The Guardian » et autres « No Exit ». Oublié  les guitares rugissantes, les soli débridés et le chant haut perchés ! Fates Warning se veut plus sage, presque trop à mes yeux. « A Pleasant Shade Of Grey » est un concept album, un morceau découpé en 12 parties qui jouent sur les ambiances et des titres mid-tempos plus atmosphérique. J’admets qu’à titre personnel ce disque n’est pas à mon goût, il n’empêche que je ne peux que lui reconnaître ses qualités, notamment son côté hypnotisant qui fait que j’ai bien du mal à zapper les morceaux de cet album qui dégage une aura magique. Plus progressif que jamais, les parties instrumentales notamment celle de la part IV démontre tout la maîtrise technique de ces musiciens qui ont toujours sur faire passer les émotions avant la démonstration. Un album à découvrir, quelque part entre le « The Wall » des Pink Floyd et le « Awake » de Dream Theater, chiant pour les uns, fascinant pour les autres… un album qui ne laisse pas indifférent, même s’il demande d’être apprivoisé pour être apprécié à sa juste valeure.

Disconnected [1997]
Cet album, j’avoue que j’ai longtemps du mal à l’écouter, pas qu’il soit mauvais, mais sa production moderne s’éloignait toujours plus du Fates Warning que j’ai aimé… grosso modo, il est dans la droite ligne de « Pleasure Shade Of Grey », le côté conceptuel moins fignolé et en plus futuriste. Un peu à l’image de sa pochette, j’ai toujours trouvé la production de cet album très froide et clinique. Cela dit, on retrouve les éléments qui font la force du groupe, des compos léchées et des mélodies discrètes qui avec le temps deviennent addictives. Même si ce n’est pas un album que je recommanderais pour débuter avec le groupe, l’album n’ayant pas vraiment de moment très marquant au niveau des compositions, j’ai du plaisir à le ressortir de temps à autre et c’est définitivement un album à posséder lorsqu’on aime le metal progressif des années 2000.

FWX [2004]

Que ce soit aux niveaux des chroniques des zines spécialisés ou des amateurs de musiques progressives, je n’ai pu lire que des discours élogieux sur cet album qui semblent faire l’unanimité. Pour moi c’est tout le contraire, c’est sans doute l’album de Fates Warning que j’apprécie le moins et que je trouve le plus ennuyeux. Super travaillé mais aussi très atmosphérique ce disque joue plus sur les ambiances et un côté musique alternative (pour ne pas dire post-rock) qui ne me plait guère. Rajouter à ça, le chant peu naturel et très trafficoté au niveau des effets sonores, même si c’était déjà le cas sur les deux précédents opus, ne fait que renforcer mon aversion pour ce disque qui n’est pas complètement raté, mais dont au final dont je ne retiens pas de morceaux vraiment indispensables. A conseiller qu’aux amateurs du groupe à mon avis et de musique progressives pas trop metal.

Darkness In A Different Light [2013]

Je n’osais plus attendre le retour de Fates Warning d’une part ça faisait 9 ans qu’ils avaient disparu des radars des sorties… et d’autre part car la discographie plus récente du groupe ne m’avait guère enthousiasmé, je dirais même que les projets parallèles (Redemption pour Ray Alder, Armored Saint pour Joey Vera ou Arch/Matheos pour Jim Mathos) me semblaient nettement plus passionnant et inspirés. C’est donc avec un certain soulagement que j’ai fait ma première écoute de cet album qui voit Fates Warning arrêté les expérimentations et revenir à un Metal progressif nettement plus carré et conventionnel. Pour tout dire, ce disque revient aux sonorités des albums Perfect Symmetry ou Parallels auxquels il se rapproche le plus. Fates Warning ne fait pas dans la nostalgie pour autant, l’album reste dans son temps, mais les bidouillages sonores et les claviers sont nettement plus en retrait et le groupe retrouve ses envolées mélodiques et un Ray Alder qui se lâche à nouveau plus côté chant. Si j’ai beaucoup aimé ce disque, je lui reprocherais juste un milieu d’album un peu creux qui fait que je classerais tout de même l’album en dessous des albums précités. Néanmoins ce Darkness In A Different Light vaut largement l’écoute et peut figurer en bonne place chez tout amateur de Metal progressif qui se respecte. Un chouette retour aux affaires.

Theories Of Flight [2016]

Dans la continuité de Darkness in A Different Light, Fates Warning sort un album qui synthétise parfaitement le style de musique qu’il a contribué à créer, du pure metal progressif. A la fois technique, mélodique et pleins d’émotions le groupe joue parfaitement dans sa zone de confort en mettant en avant la virtuosité aux services de sa musique. Tout ça en serait presque décevant, le groupe ayant toujours, par le passé, repoussé les limites de sa musique et en l’espace de deux albums le groupe se contente de faire d’excellent disque dans un style tellement classique qu’il en devient presque trop prévisible. Cela dit c’est bien la seule chose que je voudrais reprocher au groupe car lorsqu’on propose une telle qualité de composition servi par un son aussi béton, on ne va pas cracher dans la soupe. En ce moment, Fates Warning n’a clairement pas de concurrence dans ce domaine là, Dream Theater s’étant noyé dans la démonstration technique depuis longtemps. Clairement le meilleure Fates Warning depuis une vingtaine d'année.