Shades Of Deep Purple [1968]
J'ai toujours trouvé cet album un peu étrange, déjà il faut savoir qu'il se compose pour moitié de reprises de morceaux connus à l'époque, une version d'Hey joe, une reprise des Beatles ou encore l'Hush interprété par Billy Joe Royal deux auparavant mais que Deep Purple aura grandement popularisée puisqu'il le reprenne encore sur scène à chaque concert. les 4 premières compositions du groupe quant à elles sont dans une veine nettement plus typique de la scène rock pop psychédélique de l'époque. Sur le plan artistique, ce disque est loin d'être indispensable, le groupe n'a pas encore trouvé une vraie personnalité et il y a des groupes nettement plus inspirés à cette époque même si on sent déjà la patte de Ritchie Blackmore et son touché fluide et mélodique et le clavier de Jon Lord est déjà bien en place. Sur le plan musical, Shades of Deep Purple reste un album agréable, typique de la scène des années 60 inspirées par le Cream d'Eric Clapton, les Beatles ou Jimi Hendrix. C'est bien produit et bien foutu, si vous aimez cette époque l'intérêt pour ce disque est justifiable d'autant qu'il reste très agréable à écouter.
The Book Of Taliesyn [1969]
Dans la droite ligne du premier album, cet album a la même recette de base à savoir un mélange de reprises réinterprétées à la sauce Deep Purple. On y retrouve Kentucky Woman de Neil Diamond, We Can Work It Out des Beatles et River Deep, Mountain High d'Ike & Tina Turner et même de la musique classique (on peut reconnaître du Beethoven et du Tchaikovsky sur le morceau Évolution). Le style Deep Purple que l'on connaît commence à pointer le bout de son nez, le morceau marquant est pour moi l'instrumental Wring That Neck où le duel de guitare de Blackmore et le clavier de Jon Lord font des étincelles et servira de bases à de nombreuses (très longues) improvisations inoubliables en concert. Le côté psychédélique du premier effort, laisse poindre des touches de rock progressives évidentes avec des musiciens de haut vol et des morceaux qui s'allongent par rapport au standard de l'époque. Ce disque n'est pas une référence dans la discographie du groupe mais reste un très bon disque de rock que je ressors assez régulièrement, je trouve peut-être qu'il manque peut-être un chanteur à la voix vraiment charismatique pour en faire un disque inoubliable même si Rod Evans a une voix agréable.
Deep Purple [1969]
Ce 3ème et meilleur album de Deep Purple Mark I (celui avec Rod Evans au chant et Nick Simper à la basse) a toujours été un de mes disques fétiches du groupe. Par rapport aux deux premiers albums, le groupe compose enfin la quasi-intégralité des morceaux et n'apparaît plus comme un groupe de reprises, certes talentueux, mais qui ne permettaient pas forcément d'avoir son propre univers et son propre style. Cet album d'éponyme n'est pas vraiment non plus le plus pur album de Deep Purple que l'on connaît, il est relativement différent dans son approche et la musique est plus affiliée à l'univers du Rock Progressif qui commence à émerger à l'époque, avec une grosse dose de Blues et de Rock en supplément. Le niveau musical est impressionnant et la prise de son met en évidence les talents de chaque musicien qui servis par des compositions variées et inspirées font de ce disque une vraie pépite et un des meilleurs disques studios du groupe même s'il n'y a pas à proprement parler de morceaux qui deviendront des hits du groupe. Pour toutes ces raisons, j'adore me repasser cet album et pour peux que vous aimiez le Rock progressif et la bonne musique, je ne peux que vous conseiller cet album.
Deep Purple In Rock [1970]
Avec l'arrivée d'Ian Gillian (chant) et Roger Glover (à la basse), Deep Purple se métamorphose complètement tant sur le son, que le style de composition, fini les compositions psychédéliques et les reprises 60's on est ici à la pointe de la nouvelle scène du hard rock britannique qui pointe son nez avec Black Sabbath en tête de file. Le chant de Gillian est tout simplement bluffant de puissance, de feeling et d'agilité, il permet au groupe d'avoir enfin un cinquième "instrument de musique" à la hauteur du talent des 4 autres musiciens. Si quelque chose est resté des 3 premiers albums, c'est bien la maîtrise technique de ces derniers avec une section rythmique béton et notamment un Ritchie Blackmore qui est clairement devenu le chef de file grâce à ses riffs lourds et ses soli mélodiques qui éclipsent légèrement son claviériste Jon Lord qui avait su s'imposer sur les albums précédents. Niveau compositions c'est du béton avec bien entendu le morceau épique Child In Time qui marque les esprits et qui montre le potentiel de ce nouveau line-up, mais les morceaux moins connus que sont Bloodsucker ou Living Wreck font de ce disque un classique du Hard Rock 70's aussi bon, qu'indispensable. Le seul défaut peut-être de ce disque est peut-être son manque d'efficacité sur quelques morceaux (Hard Lovin' Man ou Into The Fire par exemple), étant donné que le groupe enregistre presque un album tous les 8 mois, il y aurait peut-être eu à gagner de faire des morceaux encore plus aboutis en les laissant mûrir plus longtemps même si la qualité de ce genre de disque est aussi la spontanéité qui s'entend et rend le style toujours aussi frais même près de 50 ans après. A noter que le groupe a sorti son single Black Night, 2 mois avant la sortie de ce disque et qui ne figurait pas sur le pressage originel de ce disque et vu sa qualité autant dire que ce morceau qui a été ajouté en bonus dans certains pressages depuis rend la galette encore plus indispensable qu'il est un monument incontournable des débuts flamboyants et marquants du Deep Purple Mark II.
Fireball [1971]
J'ai toujours un sentiment partagé sur cet album qui contient quelques superbes morceaux (Fireball ou l'excellent Demon's Eye), mais aussi pas mal de remplissage et de morceaux franchement moyens (le reste ou presque). Sentiment encore plus mitigé que le groupe avait sorti la même année, l'énorme Strange Kind of Woman qui vaut n'importe quel morceau de cet album et dont même la face B aurait mérité de figurer sur ce disque. Le sentiment d'avoir affaire à un album bâclé est d'autant plus précédent que le chant d'Ian Gillian n'est pas le même selon les morceaux montrant que les prises de son n'ont pas été fait à la même période, morceaux qui ne sont d'ailleurs pas très homogènes passant de morceau presque Country (Anyone's Daughter) à des morceaux plus expérimentaux (The Mule). Bref, Fireball est un peu album décousu que je sens sorti pour faire plaisir au label, ça s'entend tant certaines compositions sont très moyennes et ne resteront pas dans l'histoire du groupe. D'ailleurs, 3 mois après la sortie de ce disque, le groupe s'enfermera en studio pour enregistré son successeur. L'album est surtout intéressant dans sa version remastérisée où les bonus du single susmentionné figurent et certains morceaux non retenus valent largement les morceaux initialement présent sur la galette. À réserver aux fans.
            
Machine Head [1972]
J'ai toujours eu de la peine à me positionner sur les albums qui font une telle unanimité tant sur le point de vue des ventes de disques, que sur le nombre de morceaux cultes qu'ils renferment. Machine Head fait clairement partie de ceux-ci, du tube interplanétaire Smoke Of The Water aux classiques Highway Star, Pictures of Home, Lazy, Space Truckin' ou When A Blind Man Cries, il est impossible de faire face à une compilation ou un live qui ne renferment la majorité de ces morceaux. Machine Head ne fait clairement pas partie des albums que j'ai envie d'écouter en boucle tant ses chansons sont connues et reconnues, il faut aussi dire que je préfère souvent les versions lives qui renferment des variations différentes ou des interprétations plus énergiques ou débridées.Malgré cela, s'il ne devait rester qu'un album de Deep Purple ça serait bien évidemment celui-là pour sa qualité  (ou Deep Purple In Rock pour son côté plus innovant et sauvage), il représente une forme de quintessence de l'esprit Deep Purple avec un équilibre parfait entre les musiciens, des compositions  accrocheuses, efficaces et magnifiquement produites. Un classique du Rock des années 70 qui ne peut être ignoré des amateurs du genre et que je ne peux que recommander à celui qui veut découvrir le groupe.
Made In Japan [1972]

Ce live a été mon premier contact discographique avec Deep Purple et je vais être honnête je n’ai pas été subjugué à sa première écoute, si bien que ce disque a longtemps pris la poussière. La faute surtout à mes goûts musicaux qui lorgnaient plus du côté du Heavy Métal pur et dur dans mes vertes années. Je trouvais que l’album était trop propre et l’absence d’interaction avec le public qu’on n’entend d’ailleurs presque pas renforçait l’impression d’avoir affaire à un album trop sage avec des solos instrumentaux un peu pénibles dès lors que je ne connaissais pas les morceaux originaux.

Plusieurs décennies plus tard, après avoir vu le groupe plusieurs fois sûr scène, entendu nombre de live du groupe et connaissant les versions studios des morceaux, j’admets que ce disque est vraiment excellent. Certaines interprétations sont même ultimes, celle de Child in Time en particulier et les morceaux cultes du groupe sont joués dans des versions encore plus jouissives que leurs versions studios avec un feeling et une démonstration de maîtrise musicale que peu de groupes peuvent se vanter d’avoir atteint. Bref, Made In Japon est bien l’album culte du groupe et peut faire partie des meilleurs live de l’histoire, le groupe est au sommet de sa forme. Le seul reproche que je pourrais aujourd’hui encore lui émettre est le long solo de batterie un poil longuet de « The Mule » qui est de toute façon un morceau que je n’ai jamais apprécié et quelques délires instrumentaux qui rallongent des morceaux comme Lazy et ou Space Truckin' (20 minutes quand même) mais qui font partie intégrante du délire Deep Purple et qui de toute manière sont gravées à tout jamais dans l’histoire de la musique dans des versions qui deviendront des références que l’on comparera à chaque nouvel album live du groupe. Made In Japon est un must pour tout amateur de musique Rock qui lancera la mode des « live In Japon » que bien des groupes imiteront par la suite.

Who Do We Think We Are [1973]
Il est notoire que les relations entre les musiciens de Deep Purple ont toujours été compliquées et ce disque a été pondu dans la douleur en plusieurs sessions d’enregistrements et marquera la fin du Deep Purple Mark II, celui avec Ian Gillian (chant) et Roger Glover (basse) qui quitteront le groupe pour une carrière solo après son enregistrement. Si Women from Tokyo est un morceau plutôt bon et qui ouvre l’album d’une belle manière (c’est le seul morceau enregistré avant la tournée japonaise qui a permis d'enregistré Made In Japan en 1972), le reste est plus anecdotique et sans grands éclats. Si je le préfère aux expérimentations de Fireball, il manque quand même cruellement d’inventivité et d’accroche, en particulier au niveau des guitares qui ne sont franchement pas aussi étincelantes que sur Machine Head… sans être un naufrage, ce disque plaira sans doute aux amateurs de Rock 70’s et aux fans du groupe, il est à mes oreilles l’album le moins intéressant que le groupe aura enregistré à l’époque (Mark I et Mark II confondu).

Burn [1974]
Burn est le premier album de ce qu'on appellera le Deep Purple Mark III suite au départ d'Ian Gillian (chant) et Roger Glover (basse) avantageusement remplacé par David Coverdale (chant) et Glenn Hughes (basse...et chant). J'utilise l'adverbe avantageusement car pour moi c'est sur le papier le meilleur line-up de Deep Purple ou plutôt celui qui est le plus proche de mes goûts musicaux. Il sera pour moi aussi une certaine source de frustration car il n'aura finalement même pas duré deux ans, parsemés de nombreuses tensions entre les musiciens, je continue à penser qu'ils n'ont peut-être pas livré le meilleur de ce qui aurait dû être le meilleur line-up d'un groupe de Rock qui n'aura pas, il est vrai, le même succès commercial des prédécesseurs. Enfin bref, parlons musique avec Burn, Deep Purple a pondu un de ces meilleurs albums qui est radicalement différent des disques précédents. Avec ce disque, le groupe a su sonder des terres différentes est amener une dimension plus groovy grâce à sa paire de chanteurs avec un David Coverdale à la voix profonde et puissante et un Glenn Hughes qui amena avec lui des notes plus aiguës empreint d'un groove funk et soul qu'il avait déjà exploré avec son ancien groupe Trapeze. Il s'agit pour moi du meilleur album studio du groupe même s'il me laisse le sentiment qu'il aurait été encore meilleur s'il avait été enregistré avec moins de précipitations (le groupe enregistre son 8ème album studio en moins de 6 ans). Il n'en demeure pas moins que les morceaux sont la plupart excellent et que le groupe semble au sommet de sa créativité avec un Ritchie Blackmore inspirés comme jamais, avec bien sûr l'inoxydable Burn qui est la réponse de ce line-up à Highway Star du Deep Purple Mark II et l'épique Mistreated qui se doit de figurer sur toute bonne compilation de Rock 70's. Le reste de l'album est tout aussi magique même si plus classique, le seul morceau dispensable est à mon avis le dispensable instrumental "A" 200 qui voit Jon Lord  ranger son orgue Hammond et faire des exérimentations aux claviers au son plus moderne mais sans vraiment convaincre, d'ailleurs l'excellent instrumental Coronorias Redig qu'on retrouve en face B du premier single du groupe aurait à mon avis du y figurer à la place (ils figurent sur le remaster et c'est une bonne chose). Un classique à posséder.
Stormbringer [1974]
Cet album est enregistré à peine 7 mois après la sortie de Burn et on peut déjà deviner les dissensions au sein de Deep Purple puisque Ritchie Blackmore semble nettement moins impliqué et laisse la direction artistique à ses compères, on retrouve même deux morceaux où le guitariste n'est pas crédité, une première pour Deep Purple. Moins mordant et moins Rock que ses prédécesseurs, ce disque est plus soul et funk que jamais, malgré toute la patte du maître guitariste est magnifique tout en subtilité et en fluidité. J'avoue que j'ai toujours aimé ce que dégageait cet album où Ritchie Blackmore semble plus être au service du groupe qu'en maître d'orchestre, sur le très funky You Can't Do It Right on touche même au Génial et le groupe respire la classe. Même si on est est très loin des standards des succès du Deep Purple - Mark II, le disque contient son lot de petites pépites: Stormbringer qui est un grand morceaux de rock, la ballade Soldier Of Fortune qui est un monument du genre ou High Ball Shooter qui préfigure de comment sonnera Whitesnake, le prochain super groupé de David Coverdale mais c'est une autre histoire. Stormbringer est souvent un album ignoré du groupe et peut-être un album un cran en dessous de Burn, mais il fait partie de ces disques qu'on ne peut pas ignorer quand on aime la bonne musique.
Paris 1975 - The Official Deep Purple (Overseas) Live Series  [2014]
Ce double CD sorti des archives du groupe a fait l'objet de différentes sorties officielles. Il est historique puisqu'il s'agit d'un enregistrement live de la dernière date officielle de la tournée Stormbringer et donc la dernière avec Ritchie Blackmore. La prise de son est exceptionnellement bonne avec un son puissant et clair qui permet de distinguer distinctement chaque instrument et un rendu niveau ambiance parfait, on a l'impression d'avoir le groupe dans son salon. Certains extraits ont d'ailleurs été utilisé pour le Made In Europe sorti en 1976, mais avoir l'intégralité du concert y compris les larsens, les imperfections et les interactions avec le public entre les morceaux n'a pas de prix pour le fan que je suis. L'interprétation est excellente, le groupe même s'il était au bord de l'explosion était vraiment impressionnant au niveau de l'interprétation avec un Ritchie Blackmore débordant de rage et de feeling. Bien sûr, il faut se coltiner les morceaux à rallonge comme les 20 minutes de You Fool No One ou de Space Truckin' ou le massacre final d'un Highway Star mais pouvoir écouter ces deux chanteurs exceptionnels que sont Glenn Hugues et David Coverdale sur la même scène est vraiment un plaisir que je ne peux dissimuler. Je pense que même de tous les lives de Deep Purple c'est celui que je préfère pour son énergie et son interprétation qui se rapproche de ce qui donnera naissance à Rainbow quelques mois plus tard avec le départ de Ritchie Blackmore. Un must pour les fans du Deep Purple Mark III.
Come Taste The Band [1975]
Come Taste The Band est sûrement l'album le moins connu du groupe de la période 70's, ou de ce qu'il en reste puisque du line-up mythique du Deep Purple Mark II il ne reste plus que Ian Paice (batterie) et Jon Lord (clavier)... à la guitare un jeune guitariste américain nommé Tommy Bolin qui a la lourde tâche de remplacer Ritchie Blackmore qui est parti fonder Rainbow avec un certain Ronnie James Dio. Le bougre se défend plus que bien et même si son jeu est plus crasseux et moins précis que celui de l'homme en noir, il n'est pas du tout hors propos avec un son et une maîtrise technique qui convient tout à fait au groupe. Le problème de ce disque, s'il faut en trouver un, c'est qu'il ne sonne pas vraiment Deep Purple, on se retrouve plus avec un excellent groupe de Hard Rock au feeling soul et groovy bien plus influencé par le duo Glenn Hughes/David Coverdale qui a désormais le champ libre pour proposer leur style de musique. Je trouve que cet album est franchement bon, plein de bons feelings et de très bonnes compositions dont aucune n'est en trop même s'il n'y a pas non plus de morceau ultime. Personnellement, j'aurais adoré une suite à ce disque qui mérite d'être écouté. Malheureusement, le groupe ne rencontrera pas de succès, l'album qui se classera très loin dans les charts et le groupe miné par des problèmes d'addictions de la drogue de ses membres (Glenn Hughes et Tommy Bolin en tête) se séparera l'année suivante. Malgré cette fin de carrière, peu glorieuse je conseille ce disque à tous ceux qui aime le rock de cette époque, il mériterait davantage de reconnaissance pour la qualité de sa musique qui à mon avis surpasse sans problème les albums enregistrés par le groupe depuis la reformation.
Long Beach 1976 [2014]
Les enregistrements live des concerts de la période Tommy Bolin ne sont pas très connus vus la faible durée de vie de ce line-up et son manque de succès. On constate que la paire Glenn Hugues / David Coverdale prend beaucoup les devants et même si Bolin est un bon guitariste, celui-ci est nettement moins en avant que le père Blackmore avec un jeu beaucoup plus gras, groovy et surtout moins précis. Cet enregistrement d'une soirée du 22 février 1976 (+ quelques morceaux bonus) est plutôt sympa grâce à sa set listé qui fait la part belle aux 3 derniers albums en date mis à par les incontournables Highway Star, Lazy et Smoke On The Water qui sont joués dans des versions différentes et incontournables pour qui aime le groupe. Malgré toutes ses qualités la prise de son n'est pas exceptionnelle et la prestation un peu brouillonne du groupe n'ont font pas un disque aussi essentiel que le Live in Paris de 1975 mais les amateurs du Deep Purple Mark IV peuvent y aller les yeux fermés.
Singles A's & B's [1978] + [2003]
Je n'aime pas trop parler des compilations car souvent elles ne servent à rien, exceptez celle-ci. En effet Deep Purple a sorti un nombre important de singles avec des morceaux indispensables dans l'histoire du groupe, une partie de ces morceaux ne figuraient pas sur les albums officiels, même si certains repressages récents ont fini par les inclure en bonus track. En 1978, si vous vouliez vous offrir des morceaux aussi culte que Strange Kind Of Woman, Black Night, Hellujah ou d'excellentes faces B il fallait se prendre cette compilation qui regroupait les deux faces de chaque single sorti jusqu'à l'album Fireball... la réédition CD est encore plus complète puisqu'on y retrouve tous les singles sortis jusqu'au split de Deep Purple en 1976. Alors oui, mélangez le Deep Purple Mark I, II, III et IV n'est pas toujours très adroit tant le groupe à évoluer d'une époque à l'autre, mais d'un point de vue tant historique que musicale, cette compilation reste indispensable à tout amateur du groupe qui n'aurait pas toutes les éditions remastérisées du groupe et même si c'est le cas, elle n'en reste pas moins un résumé parfait de la grande époque du groupe.
Perfect Strangers [1984]
11 ans après le split du line-up mythique de Deep Purple se reforme pour la gloire et surtout l'argent... les carrières respectives de ses musiciens commence alors à s'enliser dangereusement et le Hard Rock explose avec l'arrivée de MTV dans le monde entier. Deep Purple revient avec un album calibré 80's un peu stéréotypé et formaté, loin de la musique qui lui a fait connaître la gloire au début des 70's avec ses délires musicaux. Malgré tout, Perfect Strangers est un album solide avec son lot de bons morceaux, un Ritchie Blackmore inspiré, un Ian Gillian en voix et une musicalité au rendez-vous même si je trouve que le son de batterie de Ian Paice est ridiculement faiblard comparé à ce qu'il propose d'habitude. Si la moitié de l'album est réussie avec un morceau éponyme aux riffs mythiques que le groupe joue encore à chaque concert, l'album souffre surtout de la concurrence dans le registre du Hard Rock. En 1984 nombreux sont les albums aux morceaux fracassants, c'étaient l'époque des grands albums des Mötley Crüe, Twisted Sister, Scorpions, Iron Maiden, Def Leppard et j'en passe, ce Deep Purple ne tient pas la comparaison avec la concurrence. Même si je ne l'écoute donc pas souvent, il reste l'album le plus indispensable du Deep Purple post année 70 et surtout une formidable excuse pour repartir en tournée et insérer 2 ou 3 bons nouveaux morceaux dans la setlist.
In The Absence Of Pink - Knebworth '85 [1991]
Sorti en 1991, ce live est l'enregistrement de la première date de la tournée Perfect Strangers enregistré le 22 juin 1985 devant 70'000 personnes. La setlist est bien cool passant en revue les meilleurs morceaux de l'album et les classiques du groupe, malheureusement l'enregistrement n'est pas terrible, officiellement à cause de la pluie qui est tombée drue ce jour-là. Personnellement, je trouve que c'est surtout le mixage qui n'est pas génial avec un clavier beaucoup trop en avant et la guitare un peu trop en retrait et au son un peu trop brouillon, même s'il y a une légère amélioration après quelques morceaux le rendu est un peu trop étouffé et peu précis. À mon avis, à cause du son, ce live s'adresse avant tout aux historiens du groupe qui ont là un moment d'Histoire du groupe qui ne reste pas désagréable à écouter. Pour les novices, il vaut mieux commencer par un live un plus propre. C'est frustrant parce que le groupe semblait en forme avec un Ian Gillian en voix et un Ritchie Blackmore encore au sommet de son art. D'autant plus frustrant que les enregistrements intégraux d'un concert intégral n'était pas légion chez Deep Purple (même si sur ce point le groupe s'est largement rattrapé depuis...).
The House Of Blue Light [1987]
Deep Purple tente de surfer sur les ondes radio américaines avec un album au fort relent de Rock FM, musicalement l'album peut diviser et c'est d'ailleurs ce qu'il fera. Ceux qui apprécient le Rock mélodique y trouveront quelques sources de satisfaction avec de chouettes morceaux, un Ritchie Blackmore capable de distiller quelques bons solos avec son touché unique. Ian Gillian s'en sort pas mal capable d'avoir une voix chaleureuse et ses quelques passages criés passent plutôt bien d'autant qu'il avait encore une voix puissante à l'époque. Personnellement, j'ai toujours eu un faible pour ce genre d'albums typiquement 80's qui ne correspondent pas à l'identité du groupe et je trouve toujours sympa d'y revenir de temps à autre car le groupe est vraiment composé d'excellents musiciens. Mon seul reproche à cet album est qu'il n'y a pas vraiment de morceaux vraiment marquant, The House Of Blue Light est un juste un album trop lisse un peu à l'image de Who Do We Think We Are à son époque. A réserver aux fans acharnés du groupe donc.
Nobody's Perfect [1988]

Premier live officiel sorti depuis la reformation, ce disque est une compilation de la tournée 1987-1988 enregistré à plusieurs endroits, agrémenté d’un réenregistrement de leur premier succès en bonus : Hush sorti 20 ans plus tôt. Ce live tranche un peu avec les lives du groupe sortis jusque-là, le format des morceaux est très proche des enregistrements studios et sans jams interminables. A ce titre, il fait plus office de best of qu’autre chose d’autant que le public et l’ambiance live n’est pas au premier plan. Mon principal reproche à l’album est le choix des morceaux qui est vraiment trop évident puisqu’on y retrouve la plupart des morceaux de Made In Japan avec quelques-uns des meilleurs morceaux de la reformation qui sont finalement les seuls moments qui rendent ce disque historiquement intéressant. Ce disque est un bon live, propre et sans fioriture, qui permet de constater que le Deep Purple des années 80 arrivait encore à sonner comme dans les années 70 avec une production nickel et une interprétation au top mais peut-être bien trop scolaire pour rivaliser avec d’autres enregistrements en public bien plus intéressants et riches.

Slaves And Masters [1990]
En 1989, Ian Gillian quitte à nouveau Deep Purple et c'est Joe Lynn Turner, qui avait déjà joué avec Ritchie Blackmore dans Rainbow, qui reprend le micro. Il faut dire que ce n'était pas le premier choix du groupe puisque l'élu aurait dû être Jimi Jamison de Survivor si d'obscure question de contrat n'avait pas fait capoter le projet. Sur le papier, ce choix me convient assez, j'ai toujours été fan de la voix de Joe Lynn Turner et l'idée d'une réunion avec ce fantastique guitariste qu'est Ritchie Blackmore semblait alléchante. Malheureusement le résultat n'est pas une franche réussite, Deep Purple tente d'imiter les groupes de Hard FM/AOR de l'époque, comment ne pas penser à des groupes comme Foreigner, Giant ou Survivor à l'écoute de ce disque? Sans l'énergie et la conviction de ces derniers le résultat est malheureusement décevant à mes oreilles, plus sur le fond (les compositions) que sur la forme (j'aime bien ce type de Hard FM), il y a beaucoup trop de morceaux mous et inintéressants même si les plus indulgents y trouveront bien quelques morceaux à sauver. Bref, ce Slaves and Masters est un ratage artistique et commercial comme le groupe n'en aura encore pas connu jusqu'alors et je ne peux que le recommander qu'aux fans de Ritchie Blackmore qui auront là une des dernières occasions d'entendre ce guitariste jouer (timidement) de la guitare électrique.
The Battle Rages On [1993]
Alors que le groupe se penchait sur la sortie d'un 14ème avec Joe Lynn Turner, le management eut l'idée sulfureuse de réunir à nouveau le line-up du Deep Purple Mark II pour fêter les 25 ans du groupe. Dans tous les cas, l'idée échoua d'un point de vue commercial, cet album fut un des plus gros gadins du groupe et le succès de la tournée fut médiocre, le groupe ne jouant plus que devant des audiences de 1000 à 1500 personnes loin du succès des tournées précédentes donc. Il faut dire que les débuts des années 90 n'étaient pas propices aux vieux dinosaures du hard rock éclipsés par les tourments du grunge et les supplices du Rap Métal. The Battles Rages On est sans doute l'album, le plus sombre du groupe au niveau de l'ambiance et des textes, Ritchie Blackmore y joue ses riffs les plus rageurs et s'avère beaucoup plus incisif depuis Perfect Strangers, sûrement l'ultime tentative d'effacer les expérimentations plus commerciales des années précédentes. J'ai toujours eu une sympathie pour ce disque car il fut mon premier contact avec le groupe ayant assisté à sa promotion sur la TV Suisse Romande j'y avais trouvé un groupe qui sonnait un peu vieillot et qui ne m'avait pas plus enthousiasmé que ça. Aujourd'hui, j'entends un album correct de hard rock, un peu lourdaud et pas toujours très inspiré à l'exception de 3 morceaux, The Battles Rages On, Anya et Solitaire qui sont à mes oreilles ce que le groupe a enregistré de mieux depuis les années 70. Lassé par les échecs successifs et le Rock en général, Ritchie Blackmore quitta définitivement le groupe après ce disque qui mérite malgré ses longueurs d'être écouté par les amateurs de ce guitariste et du groupe en général.
Come Hell Or High Water [1994]
J'ai toujours eu une grosse affinité avec ce disque, déjà parce que c'est le premier disque de Deep Purple que j'ai vraiment aimé et aussi parce qu'il a accompagné mes années découvertes du hard rock. En ayant eu accès à la majeure partie de la discographie du groupe depuis, je trouve que c'est celui qui symbolise le mieux l'esprit Deep Purple, à savoir un groupe qui cherche à atteindre ou repousser certaines limites musicales. Je n'ai pas trouvé d'autre disque où le groupe semble autant proche de la rupture, Ritchie Blackmore joue les notes très hautes, alors qu'Ian Gillian peine à chanter dans ses tonalités, on imagine le supplice qu'a pu être la tournée pour lui mais paradoxalement l'entendre être pousser dans ses limites à quelque chose de jouissif. Pour avoir vu pas mal de concerts du groupe entre 1999 et 2011, je ne l'ai jamais entendu chanter avec autant d'intensité. Alors oui ce disque est peut-être moins mythique que certains lives des 70's, notamment le chant justement qui atteignait certaines limites même s'il s'en sort avec mention bien, par contre j'adore le son de la gratte de Ritchie Blackmore qui semble déchaîné, agressif avec une intensité parfaite et un son qui ne sonne pas trop 70's justement. Bref, malgré ses imperfections j'adhère complètement, l'ambiance live est bien rendue avec un public bien présent et un groupe en forme dans son line-up mythique. La version la plus commune est malheureusement sur un CD simple et amputé de plusieurs morceaux pourtant joués ce soir-là. J’espère mettre un jour la main sur la version complète qui avait été sorti en coffret avec le DVD d’un concert de la même tournée.
Purpendicular [1996]
Même si Steve Morse est un guitariste extraordinaire et qu'il fait très bien le job sur scène, je n'ai jamais totalement adhéré à ses contributions studios avec Deep Purple. Purpendicular est reconnu comme un retour salvateur par nombre d'amateurs du groupe anglais. Je n'en ai jamais été totalement convaincu d'un point de vue discographique en tout cas. Certes le groupe retrouve un sens du groove qui avait disparu depuis la reformation en 1984, c'est vrai également que ce disque respire la sérénité avec un Ian Gillian au chant plus posé et moins forcé, le groupe n'a rien perdu de son sens de la musique et on sent chaque instrument enfin respiré et le plaisir de jouer ensemble est palpable. Mais même si certaines expérimentations sont sympathiques, c'est vraiment trop pépère à mes oreilles et le tout manque de mélodies pour que je retrouve ce qui me plaisait dans ce groupe. Les morceaux s'enchainent sans vraiment me faire vibrer, si j'aime bien le feeling de la moitié du disque, je n'entends non plus de compositions que j'aurais envie d'entendre en concert et aucune ne rivalise complètement avec les meilleurs morceaux des albums précédents. Bref, pour moi c'est un album moyen qui reste globalement sympathique à écouter mais que je ne ressors que très rarement. Perpendicular reste peut-être le meilleur du Deep Purple post-Blackmore pour qui voudrait découvrir ce line-up.
Abandon [1998]
Avec Abandon, Deep Purple continue sur la lancée de Perpendicular qui a permis au groupe de renouer avec son public et de retrouver une certaine sérénité musicale. L'album offre une palette de morceaux variés à la fois moderne et très hard à défaut d'être énergique, au niveau des compositions je trouve ce disque un peu quelconque et pour moi il ouvre une série d'albums peu palpitants où chaque sortie est davantage une excuse pour faire une tournée mondiale que pour proposer quelque chose de vraiment excitant. La texture un peu sombre et la couleur tristounette des morceaux n'aident pas non plus à oublier qu'on ne retient pas grand-chose de ce disque, la seule chose vraiment marquante étant les riffs lourds de Steve Morse qui distille çà et là quelques jolies interventions mais dont aucune mélodie ne reste dans la tête. Bref, sans être un ratage complet ce disque est globalement quelconque et je pense qu'il fait partie des disques les moins marquants du groupe d'un point de vue musical.
In Concert With The London Symphony Orchestra [1999]
Je n'ai jamais été très fan du mélange entre rock et musique classique, mon avis est donc biaisé. Toujours est-il que cet enregistrement live d'un concert est un petit moment d'Histoire puisque c'est le dernier projet de Deep Purple avec Jon Lord au clavier qui était déjà responsable du premier essai du genre en 1969 enregistré d'ailleurs au même endroit, le Royal Albert Hall à Londres. La setlist reprend le Concerto For Group And Orchestra mais également quelques classiques du groupe et un certain nombre de morceaux écrit par les membres du groupe durant leurs carrières solos respectives. Bref, rien de très enthousiasmant à mes oreilles. Si je me suis pris ce disque c'est surtout pour entendre le morceau Love Is All écrit par Roger Glover (basse) et chanté par Ronnie James Dio (mon chanteur préféré) qui est, je trouve, un des meilleurs moments de l'album mais je ne suis pas très objectif. Si le premier CD contient des moments très sympas, je trouve que le deuxième est très ennuyeux en particulier ce fameux Concerto For Group And Orchestra qui est définitivement trop ennuyeux et pas assez intense pour que j'y revienne. Je conseille ce disque surtout aux curieux, personnellement je n'ai jamais réussi à me l'écouter d'une traite et il fait définitivement partie des disques que j'écoute le moins du groupe.
Bananas [2003]
Ce qui frappe avec ce disque c'est l'esprit positif qui se dégage de l'album, une forme de force tranquille qui met à jour un groupe qui ne veut plus rien prouver mais qui cherche seulement à se faire plaisir sans trop se préoccuper de sa réputation ou de son histoire. Les expérimentations et le côté progressif des deux précédents albums laissent place à un Rock'n'roll teinté d'influence blues, un blues pépère où tous les musiciens semblent avoir le sourire un peu à l'image de sa pochette colorée qui semble tout droit issu des souvenirs de vacances personnels. Bananas n'est pas un mauvais disque, il se laisse facilement écouter, la bonne humeur qui se dégage de son enregistrement est même contagieuse et c'est typiquement le genre de disque qu'on peut mettre en arrière-fond d'un bar pour motard rempli de quinquagènères. Bref, un disque bonnard. Le problème c'est qu'il est loin de ce que j'attends d'un groupe comme Deep Purple qui durant les 70's arrivait avec des albums qui poussaient chaque musicien dans leurs ultimes retranchements tout en arrivant à pondre des morceaux inoubliables. En ce sens, ce disque manque cruellement d'ambitions, il n'est qu'une compilation de morceaux sympathiques mais pour un groupe qui s'approche des 40 ans de carrière c'est déjà pas mal. À noter que Jon Lord a laissé le clavier à don airey, il ne reste donc plus qu'Ian Paice comme membre original du groupe.
Rapture Of The Deep [2005]
Rapture Of The Deep est le premier album avec Steve Morse qui tente de renouer avec les racines du groupe, certaines compositions ont des sonorités plus proches de l'ère Ritchie Blackmore avec des duels entre guitares et claviers plus appuyés ou la présence de morceaux un peu plus complexe et mélodique, voire même épique avec le morceau éponyme de l'album et ses sonorités orientales qui rappellent un peu Perfect Strangers. Il s'agit à mes oreilles du meilleur album depuis bien longtemps grâce à la présence de quelques morceaux qui ressortent du lot et qui restent dans la tête. Si au niveau des compositions il y a un net mieux, je trouve qu'il manque d'intensité le rendu étant quand même plus proche du Rock Progressif à lunettes que du hard rock rugissant des vertes années du groupe encore que les 3 premiers LPs du groupe étaient bien cérébrales également. Sans être obligatoire, les curieux qui veulent se laisser tenter par un album de Deep Purple des années 2000 peuvent se laisser tenter par l'écoute de cet album qui est pour moi le meilleur des 4 premiers albums avec Steve Morse.
Now What?! [2013]
À l'image de son titre et de sa pochette, on peut se poser des questions sur l'intérêt d'un nouvel album de Deep Purple en 2013 tant la sortie d'un nouvel album du groupe relève désormais de l'anecdote que de l'événement, le groupe n'ayant plus grand-chose de vraiment passionnant à proposer. Alors, on se le procure par respect pour une légende du Rock, on l'écoute on se disant qu'il y a quelques pistes intéressantes, on le repose dans l'étagère et on l'oublie... c'est un peu l'histoire des albums précédents des albums de Deep Purple avec Steve Morse qui n'aura définitivement pas autant marqué l'Histoire que les plus mauvais albums de l'ère Ritchie Blackmore que je ressors avec plaisir de temps à autre. En fait, le véritable intérêt est d'écouter les nouveaux morceaux et d'espérer que les 2,3 meilleurs seulement finiront sur la setlist de la tournée qui devra faire la part belle aux bons vieux excellents morceaux du groupe et à ce petit jeu, il y a quand même des morceaux un peu plus fort que d'autres comme la première moitié d'album qui contient quelques bons plans guitaristiques et l'excellent Vincent Price qui clôture cet album globalement moyen et bien trop mou pour être autre chose qu'une anecdote dans la discographie du groupe.
From The Setting Sun... (In Wacken) [2015]
Même si je ne garde pas un souvenir des plus lumineux de cette tournée, Ian Gillian semblant à bout de souffle sur la date Suisse, je me suis malgré tout ce disque histoire d'avoir un souvenir d'un concert du groupe de cette époque la set list étant relativement similaire. Bien m'en a pris, ce disque de Deep Purple est ma foi tout à fait respectable grâce à une setlist efficace...si les 3 morceaux issus de l'album Now What?! s'insère très bien dans une setlist qui fait la part belle aux belles années du groupe avec des morceaux comme "Into The Fire" ou "Hard Lovin' Man" que j'ai toujours trouvé un peu en deçà en studio mais qui passent très bien la rampe du live. Le son est très bon, la guitare de Steve Morse lumineuse de précision et de feeling tout en fluidité, bref le rendu de ce live est impeccable. Bien sûr il ne rivalisera pas avec les meilleures albums lives du groupes mais lorsque j'ai envie de mettre du Deep Purple des années 2000, c'est tout à fait le genre d'album qui fait parfaitement l'affaire, le groupe conservant toujours une efficacité certaine en format live grâce à des morceaux d'anthologie et des arrangements qui diffèrent des morceaux originaux, évitant un trop plein de déjà entendu. Bien sûr, la voix d'Ian Gillian est un peu faiblarde sur les morceaux les plus intenses, mais l'intensité musicale du groupe est toujours bien présente.
InFinite [2017]
50 ans de carrière, 20 albums studios, le groupe aurait bien raison de clôturer sa carrière discographique sur cet album qui a l'image de Now What?! sorti 4 ans plus tôt n'amène franchement rien de bien excitant, juste et ce n'est déjà énorme le plaisir d'entendre des musiciens de légendes majoritairement septuagénaires jamais ensemble. À ce titre la section rythmique est toujours aussi plaisante à entendre et la complicité et les duels de claviers/guitares restent bien la marque de fabrique du groupe. Ian Gillian, lui et bien à des années-lumière de ses prouesses vocales de jadis et le recours de plus en plus présent à des effets numériques sur sa voix restent la seule touche de modernité à l'ensemble même si quelques rugissements étouffés restent présents çà et là (enfin à la fin d'All I Got Is You et c'est le seul je crois), histoire de rappeler quelle voix féroce il a eu. Loin d'être une purge, Infinite offre quelques morceaux sympas. Dans un style rock parfois énergique, un morceau comme One Night In Vegas aurait clairement de la gueule dans une setlist du groupe, mais je regrette un peu que le groupe se perde un peu sur une deuxième moitié d'album bien trop anecdotique pour ne devoir conseiller ce disque qu'aux derniers fans historiques du groupe. Mais pour sa première moitié, je trouve que ce disque est peut-être le plus sympa de l'ère Steve Morse...à moins que je sois influencé par sa très jolie pochette.